Leïla Ben Ali se lâche!
Leïla Ben Ali a brisé le silence en publiant une autobiographie intitulée «Ma vérité». L’épouse de l’ancien président tunisien parle de grand complot, se dédouane de toute responsabilité dans le fiasco de l’ère Ben Ali et révèle, entre autres, que son mari aurait beaucoup à dire prochainement.
Selon les dires de l’ex-première dame de Tunisie rapportée par la presse internationale, elle a écrit ce livre pour l’histoire et pour balayer les rumeurs et allégations mensongères entourant la chute du régime de son mari! Sic!
Pour la «bonne cause», le journaliste français Yves Derai a été contacté par des intermédiaires tunisiens anonymes pour recueillir le témoignage de Leïla Ben Ali. Il a rédigé le livre à partir d’une série d’entretiens effectués avec elle de janvier à mai sur Skype depuis son en exil en Arabie Saoudite.
Dans son autobiographie, celle qu’on qualifiait de «régente de Carthage», car elle avait la mainmise sur les rênes du pouvoir à Tunis, a consacré une bonne partie au 14 janvier 2011, jour de la fuite de son mari. Une journée qu’elle a décrite comme la mère de tous les complots. Sans donner de précisions, elle lance un pavé dans la mare. Selon elle, le printemps tunisien n’était ni plus ni moins qu’un putsch! Avec la bénédiction d’agences de renseignements étrangères, le «complot» a été mené par l’armée, aidée par le chef de la garde présidentielle du régime, Ali Seriati ainsi que Kamel El Taïef, un ancien puissant conseiller de Ben Ali, qui est tombé en disgrâce en 1992.
En somme, la révolte tunisienne n’est qu’un grand complot et non le soulèvement des jeunes de Facebook indignés après l’immolation de Mohammed Bouazizi.
Leïla Ben Ali réfute toutes les accusations qui l’accablaient du temps de son hégémonie sur la Tunisie. Elle se présente comme une femme au destin tragique. Sorte de mélange scénarisé «Des misérables» et de «Blanche neige». Du revers de la main, elle dément absolument tout: la femme fatale, la première dame assoiffée de pouvoir et d’argent et son dessein machiavélique de remplacer son mari à la tête du pouvoir.
En Tunisie, les gens ne sont pas dupes. Certes, le témoignage de l’ancienne première dame est attendu avec curiosité par les gens. «La vérité, si je mens», un billet du journal La Presse de Tunisie résume bien la situation. Le journaliste résume aux lecteurs le témoignage de Leïla Trabelsi comme suit: «Elle nie tout, ne se reconnaît aucun tort, elle attaque tout le monde et ne se remet nullement en question, y compris pour ce qui est des accusations de corruption et de malversation qui lui sont imputées ainsi qu’aux membres de sa famille».
Voilà, le déni est toujours la réaction des dictateurs et de leurs courtisans. C’était le cas des Saddam, des Kadhafi, des Moubarak et des Ben Ali. Ils sont tous innocents. La révolution a toujours été un complot et une action des fomentateurs d’une déstabilisation planifiée par l’étranger.