Marois, première et dernière femme chef du PQ?
Depuis le début de la débâcle du Parti québécois, il y a un an, j’ai toujours trouvé que nos souverainistes étaient injustes avec leur chef et que pour une fois, ils n’iront pas jusqu’à la cannibaliser gratuitement comme ils l’ont fait, par le passé, avec certains de ces prédécesseurs!
D’ailleurs, pour moi, c’est un mystère qu’une chef plébiscitée à 93% un jour, puisse être rejeté massivement le lendemain! Une autre énigme québécoise! Sauf que cette fois, je vois mal comment Marois pourra s’en sortir indemne d’ici le printemps.
C’est la première fois qu’on voit la chef de PQ perdre réellement la confiance de ses propres troupes qui se trouvent coincés entre l’écorce de l’avenir du pays et le tronc des futures élections provinciales anticipées au printemps!
Et pour cause, alors que le paquebot PQ prend l’eau de partout, la chef de parti, ou ce qu’il en reste, n’a rien trouvé d’autre que de s’en prendre à François Rebello en le traitant de girouette et d’opportuniste en se joignant à l’«équipe Legault». Comme quoi, quand tu rejoins la cause souverainiste, tu es un héros et quand tu quittes, tu es opportuniste!
Qu’on soit pour ou contre, il faut avoir une largesse d’esprit pour comprendre qu’un être humain, même en politique, a le droit de «sacrer» son camp quand il n’est plus capable de supporter un chef ou sa stratégie.
Feu René Lévesque a quitté le parti libéral du Québec pour fonder le PQ en entraînant avec lui Jacques Parizeau. Gilles Duceppe n’a pas voté au référendum de 1980 avant de devenir l’un des plus grands défenseurs de la cause souverainiste à la tête du Bloc québécois pendant presque quatorze ans à Ottawa. Sans oublier Lucien Bouchard qui a viré le «capot» en quittant les progressistes-conservateurs fédéraux pour mener les troupes à un doigt de l’indépendance, en 1995!
Alors, quand Marois tourne au ridicule François Rebello, elle ne réussit ni à faire diversion, ni à colmater les brèches dans la chaloupe du PQ. Pour preuve, le cri du cœur lancé par le député Bernard Drainville qui croit que le PQ pourrait être rayé de la carte lors des prochaines élections provinciales.
Alors Mme Marois, même si votre argumentaire est très logique, dans l’état des lieux, il est impertinent de tirer sur le messager, de ne rater aucune occasion pour crier sur tous les toits le bilan négatif du PM Charest et de dénigrer l’initiative de François Legault!
Avant qu’il ne soit trop tard, remettez-vous rapidement au travail pour en finir avec l’hécatombe qui secoue votre parti depuis le printemps dernier. Remettez-vous au travail en toute humilité pour réconcilier tous les souverainistes avec leur rêve, car le Québec n’a pas besoin d’un à droite toute avec la centre-droite de la CAQ aux commandes et la droite libérale comme opposition officielle!
Sinon, vous allez faire fausse route et vous risquez de réduire votre apport à l’histoire politique du Québec à une simple réalisation: Pauline Marois fut la première et dernière femme-chef du Parti québécois!