Un barbecue presque parfait
Sur mon écran d’ordinateur, l’invitation semblait parfaite. J’étais conviée à une soirée intime de célibataires sur une terrasse. Notre hôte, traiteur dans la vie et célibataire – dois-je le préciser ? –, allait nous concocter un festin et même s’occuper du vin! Pour les fois où ce genre d’invitation m’était destiné, j’étais vraiment emballée!
Il y a quelques semaines, lors d’un souper entre amis, une copine à moi (en couple) s’était plainte que son cercle d’amies regorgeait de belles filles brillantes qui ne trouvaient pas chaussure à leur pied. Un copain à elle (aussi en couple) s’était plaint de la même chose. Incroyable mais vrai : ils connaissaient une poignée de charmants garçons qui ne demandaient qu’à «se matcher». Annie et Félix ont alors décidé de jouer les entremetteurs et d’inviter tout ce beau monde à fraterniser.
J’ai donc invité quelques amies à moi à ce fameux barbecue. Avant de nous rendre sur place, les suppositions allaient bon train. Était-ce possible que les derniers beaux gars célibataires trentenaires de la ville soient rassemblés au même endroit, au même moment? Est-ce qu’on allait être déçues ou, au contraire, une d’entre nous allait-elle rencontrer ce soir l’homme de sa vie? Et qu’est-ce qu’on allait faire si nous cliquions tous sur le même gars? Jouer à roche, papier, ciseaux?
Arrivée sur place, j’ai été agréablement surprise par l’homme qui nous a ouvert la porte. Son beau grand sourire était craquant. Sur la terrasse nous attendait le cuistot de la soirée, s’affairant avec grâce derrière ses fourneaux. Encore là, j’étais ravie.
Ensuite, mon enthousiasme a commencé à diminuer. Les autres gars présents n’étaient ni charismatiques ni entreprenants. Les filles, elles, étaient toutes jolies, et plus nombreuses que les garçons, confirmant un phénomène que j’observe depuis plusieurs années : il y a beaucoup plus de belles femmes célibataires que de beaux hommes célibataires dans la métropole!
Une fois le malaise des présentations passé, les gens ont commencé à se parler. De mon côté, j’ai tenté de discuter avec mes deux coups de cœur de la soirée, mais cela n’a pas vraiment eu l’effet escompté. Le premier, appelons-le Olivier, est parti en plein milieu de notre conversation! Pas intéressé, vous dites! Le deuxième, appelons-le Mathieu, sachant qu’il était sûrement le plus cute du groupe, ne m’a pas porté un intérêt particulier, comme s’il n’avait pas encore choisi qui serait «la chanceuse» sur laquelle il allait jeter son dévolu.
Au final, j’ai passé une très belle soirée, même si je ne suis partie avec aucun numéro de téléphone. À ma connaissance, il n’y a d’ailleurs pas eu de «match parfait»…
Ce qui m’a découragée par contre, c’est que contrairement à ce que pensait Félix, la plupart des gars présents n’avaient pas trop l’air de vouloir «se matcher».
La bonne nouvelle? Pas eu besoin de jouer à roche, papier, ciseaux. Je perds toujours à ce jeu-là!
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