Uncategorized
17:37 17 août 2017 | mise à jour le: 18 août 2017 à 15:27 Temps de lecture: 4 minutes

Cité de la logistique: des expropriations ne doivent pas être exclues, dit la CCMM

Cité de la logistique: des expropriations ne doivent pas être exclues, dit la CCMM
Photo: Archives TC Media

Pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le développement des pôles logistiques est un enjeu si important que si des expropriations sont nécessaires, elles ne devraient pas être exclues.

«S’il faut déplacer quelques résidences, déplaçons-les et s’il faut déplacer une résidence pour personnes âgées c’est tellement fondamental économiquement.»

Ces propos sont ceux de Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, tenus lors des audiences du Projet de loi 85 relativement au développement des zones industrialo-portuaires de la région métropolitaine de Montréal – notamment la Cité de la logistique dans l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM).

Au lendemain de son passage en commission parlementaire, M. Leblanc précisait sa pensée.

«Je n’ai pas été informé que des expropriations seront nécessaires. Mais ce que je dis, c’est que le port de Montréal est un actif stratégique et qu’il est fondamental pour le développement économique du Québec. S’il faut exproprier quelques résidences, envisageons-le.»

Selon le président de la chambre de commerce, le développement des terrains de la Cité de la logistique est une opportunité qui mènera à la création de nombreux emplois bien rémunérés qu’il faut saisir.

La députée de Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, lui a demandé de se prononcer sur le second tracé envisagé en guise de sortie du port de Montréal, celui qui longe les résidences du quartier et la résidence pour personnes âgées Grace Dart.

Une réponse qui a grandement surpris la députée.

«Il n’a jamais été question d’expropriation dans ce dossier. C’est la première fois qu’on y fait allusion. Là, je trouve ça fort. Et même au point de déménager des citoyens là je vous le dis, vous vous achetez une petite guerre», a répliqué Mme Poirier.

Réactions
Sur les médias sociaux, les déclarations de M. Leblanc ont aussi fait bondir des membres du groupe citoyen Mobilisation 6600, qui suivent le dossier de près.

«Des propos déphasés et d’une mentalité sans nom».

«C’est vraiment frustrant d’entendre autant de mauvaise foi en cinq minutes».

«Le président de la Chambre de commerce de Montréal se contrefout des citoyens vivant près du port», ont écrit des citoyens.

Le maire Réal Ménard parle de propos «inacceptables, irresponsables et mal avisés» de la part du président de la chambre de commerce affirmant lui aussi qu’il n’a jamais été question d’expropriation et que ce n’est pas une voie envisagée.

«Actuellement, c’est Montréal qui a le plein pouvoir. L’arrondissement a adopté une réglementation claire pour le développement des terrains de la Cité de la logistique», précise-t-il.

«Il est essentiel que tout développement se fasse en équilibre avec le milieu avoisinant», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Du côté de Projet Montréal, on condamne également les propos de M. Leblanc. La conseillère municipale Laurence Lavigne Lavigne s’est dite fâchée par ses déclarations.

«L’avenir du secteur de Viauville est en train de se jouer à Québec. Les acteurs économiques bénéficient d’une tribune privilégiée et les commissaires n’entendent qu’un seul point de vue.»

«Le CHSLD Grace Dart – auquel fait référence M. Leblanc dans ses propos – est un bâtiment patrimonial. Je vais me battre aux côtés des citoyens contre toute expropriation», a-t-elle indiqué.

D’autre part, les audiences du Projet de loi 85 ont été l’occasion pour la députée de rappeler l’absence des citoyens en commission parlementaire, ce qu’elle déplore, et de réitérer la nécessité qu’ils soient véritablement consultés.

«Nous n’aurons pas l’unanimité dans ce dossier. Oui ça prend du développement économique, mais pas à n’importe quel prix. On impose des cadres qui ne tiennent pas compte du milieu d’insertion. C’est possible de bien faire les choses en ayant un plan global tenant compte des préoccupations citoyennes (bruit, poussière, camionnage, etc.)», croit-elle.

Lors de l’étude détaillée du projet de loi – article par article – qui aura lieu cet automne à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, elle a l’intention de réclamer la présence des citoyens pour qu’ils puissent se faire entendre.

Le processus doit être transparent et les citoyens doivent être entendus, justifie-t-elle.

Articles similaires