Présidentielles américaines: une pomme de discorde appelée Bain Capital
Alors que Mitt Romney réclammait sur toutes les tribunes que Barack Obama s’excuse d’avoir attaqué son passé d’homme d’affaires accompli à la tête de Bain Capital, le président en a rajouté en exigeant que son rival prenne la responsabilité de toutes ses actions à la tête de l’entreprise d’investissement, en particulier durant la période de 1999 à 2001.
À cette époque, Bain Capital aurait investi dans des compagnies qui se spécialisaient dans la délocalisation d’emplois vers la Chine ou qui se préparaient à déclarer faillite. Des accusations rejetées par Romney, qui affirme que durant cette période, il n’était plus à la tête de Bain Capital, du moins en pratique, puisqu’il se consacrait à plein temps à l’organisation des jeux olympiques de Salt Lake City.
Les attaques d’Obama arrivent au cœur de la campagne de Romney, qui depuis le début, tente de faire valoir que l’expérience en affaires du candidat le rend apte à redresser l’économie du pays.
Romney dit avoir quitté Bain Capital très rapidement après son entrée en poste à l’organisation des jeux olympiques. Il affirme que même si initialement, il espérait conserver un droit de regard sur les décisions de la compagnie, il s’est rapidement rendu compte que son travail aux jeux olympiques était trop prenant et aurait tôt fait de déléguer ses fonctions à d’autres de son entourage, des amis et des partenaires de longue date.
Là où le bât blesse cependant c’est que plusieurs documents de cette période le montrent toujours à la tête de la firme d’investissements. Au cours de la fin de semaine, l’équipe de Romney a qualifié le fait que son nom figurait toujours sur les documents « de pures formalités » caractérisant la période entre 1999 et 2001 de période de transition.
En fait, les documents ne prouvent pas grand chose puisqu’il n’y a toujours pas moyen de déterminer le rôle qu’aurait joué Romney dans les décisions controversées de la compagnie pendant cette période. Il n’en demeure pas moins que ces documents obligent une fois de plus Romney à se justifier et se défendre, l’empêchant par la même occasion d’attaquer son rival démocrate.