Tour de France: l’autre façon d’«écouter» le sport
Depuis trois semaines, mes journées sont rythmées autour du Tour de France 2012. Si je ne peux suivre une étape en direct, je me rattrape tard le soir grâce à la rediffusion. Hélas, au début de la grande boucle, les descripteurs de RDS m’ont gâché le spectacle, comme d’ailleurs ceux de l’Euro 2012.
Et je n’ai rien contre les commentateurs locaux. Pour preuve, j’ai une admiration incommensurable en écoutant l’inimitable Martin McGuire avec son compère, l’incroyable analyste de hockey, Dany Dubé, lors des matchs des Canadiens à la radio au 98,5 FM. Pour vous dire, la saison passée, j’ai eu la chance de suivre deux parties des glorieux au Centre Bell, contre les Bruins et les Devils. Même si j’étais privilégié de suivre la partie en direct, je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter le reportage de la radio grâce à mon cellulaire tout en suivant les matchs des gradins. Une expérience extraordinaire.
Mais revenons aux commentateurs de RDS. Ce n’est pas de leur faute. Les pauvres, ils sont cloîtrés dans leur studio et les moyens mis à leur disposition sont limités. Alors qu’un commentateur quel qu’il soit a besoin d’être dans le feu de l’action pour transmettre cette énergie à l’auditeur ou au téléspectateur.
Du coup, à la mi-tour, j’ai eu l’idée de syntoniser sur internet la station RMC, la radio française qui a l’exclusivité de couvrir l’intégral du Tour de France. En regardant les images de RDS j’écoutais la description des étapes via la radio sur mon ordinateur.
Par magie, le tour de France est redevenu plus attrayant grâce à la couverture directe. Avec Christophe Cessieux et son équipe, et à part la maudite pub qui gâche de temps à autre le reportage, quel bonheur.
On ne s’ennuie pas. Le commentateur crie à gorge déployée. On est dans l’action, la tension est à son paroxysme et on vit les attaques derrière les coureurs grâce au reporter installé dans une moto suiveuse du peloton. On vit les batailles des différents maillots carrément sur le bitume parmi les coureurs. On entend leur souffle et le grincement de leur petite machine tout carbone.
Lors des descentes à toute allure, on a l’impression de vivre la folie des virages comme un coureur. On se sent sur un vélo en train d’avaler à toute allure les kilomètres des descentes très techniques du tour.
On est dans la course avec comme arrière son les klaxons des voitures suiveuses, le bruit des motos et les cris du public. Et puisqu’on est en France, RMC propose des témoignages et des analyses des gens du tour et des responsables des équipes et du public. On a droit aux témoignages vivants des directeurs sportifs des équipes depuis leurs voitures dans la course. On est dans l’action!
P.S. Mon édito du tour.
Un bémol lors du Tour de France de cette année! Même si Bradley Wiggins gagne, le vrai patron du Tour 2012 n’est autre que Christopher Froome, son second. Froome a carrément ridiculisé son leader et coéquipier dans l’Équipe britannique Sky vers la fin de la dernière ascension, celle de Peyragudes. Il aurait gagné non seulement l’étape, mais il aurait relégué Wiggins à la deuxième position du classement général. On n’a pas respecté la logique sportive, car les patrons de la Sky ont décidé autrement!
Ça nous rappelle les petites combines de la F1 à l’époque de Jean Todd quand il était à la tête de la Scuderia Ferrari. À l’époque, à la radio, il sommait au Brésilien Rubens Barrichello de se tasser pour laisser l’Allemand Michael Schumacher gagner! Quelle tristesse et quel manque de respect envers le sport.