Les fraises d'Espagne au goût d'exploitation

L’Espagne est, à ce jour, un des leaders mondiaux de production de fraises. Les fraises espagnoles sont si bonnes qu’on en trouve même en hiver, résultat d’une production devenue intensive. Grâce à qui? Aux petites mains de Marocaines exploitées.

Dans son rapport publié le 26 février dernier, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) a dénoncé l’utilisation d’une main d’ouvre marocaine exploitée par les producteurs espagnols. Intitulé Main-d’ouvre importée pour fraises exportées, le rapport met en cause le recours abusif aux travailleuses marocaines notamment à Huelva, en Andalousie, «où la fraise est cultivée de manière intensive à destination de l’exportation».

L’Espagne recrute «à la source», dans leur pays d’origine, des travailleurs qui sont alors convoyés puis répartis dans les plantations. Avant de signer, «les travailleurs s’engagent à retourner dans leur pays à la fin de leur contrat» afin d’éviter l’afflux massif de migrants.

Là où l’Espagne est vicieuse, c’est que le gouvernement espagnol choisit principalement «des femmes mariées avec des enfants en bas âge, critères censés assurer un retour au pays et prévenir des tentatives de prolonger leur séjour sur le sol européen» à la fin de la saison.

Notez ici que le recrutement à la source concerne uniquement les travailleuses marocaines.
Outre ces dispositions discriminatoires, les Marocaines qui immigrent pour constituer cette main d’ouvre bon marché bénéficient d’un «cadre juridique peu protecteur» selon la FIDH. Par exemple, les jours non travaillés ne sont pas payés et la syndicalisation est impossible.

Pour réguler ces atteintes aux droits des travailleurs qui se trouvent complètement dépendants de leur employeur, la FIDH appelle le gouvernement espagnol à ratifier la Convention internationale sur les droits des travailleurs migrants et les membres de leur famille, d’accorder des permis de séjour permanents à ces travailleurs et d’améliorer leur protection.

Elle s’adresse aussi au gouvernement marocain en exigeant la suppression des critères discriminatoires à l’embauche.

Mais on sait tous ce qui advient de ce type de rapport…

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