Élections au Québec : la criée!

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Normalement, je dois me réjouir à chaque rendez-vous électoral. Au moins ici, on peut se targuer que personne ne traficote les voix et que la vérité des urnes est souveraine. Pourtant, je suis tanné des campagnes électorales.

Ici, en neuf ans, je me suis farci plus d’élections qu’en trente ans dans mon ancienne planète! Deux au municipal pour élire le maire de Montréal (2005 et 2009), trois pour choisir le premier ministre du Québec (2003, 2007 et 2008) et quatre pour désigner le chef du gouvernement fédéral (2004, 2006, 2008 et 2011). C’est pratiquement une élection par année. Il n’y a que l’année 2010 où on a eu du répit. La palme d’or revient quant à elle à l’année 2008 avec deux élections : une au municipal et une au fédéral.

Certes, avec neuf élections, on s’attendrait à changer autant de fois les chefs des différents paliers de gouvernement. Pas tant que ça! Durant cette période, on n’a eu qu’un changement du premier ministre fédéral (Paul Martin évincé par Stephen Harper), ainsi qu’un au provincial (Bernard Landry délogé par Jean Charest). Quant à l’unique, le seul, l’insubmersible et l’inamovible maire de Montréal, Gérald Tremblay, eh bien, il a résisté à toutes les tempêtes. Autrement dit, tout ça, pour ça!

Néanmoins, à chaque élection, je suis fier de voter pour les partis qui, je le crois naïvement, défendent mes valeurs, même s’ils n’ont jamais gagné nulle part! Cette fois encore, je vais voter pour un candidat qui, même si par miracle il lui arrive de gagner, son parti n’aspirera même pas au titre de deuxième opposition officielle. Toutefois, je vais me déplacer et encourager les miens à y aller même à reculons pour jouir de ce fabuleux pouvoir qu’on a de voter.

Justement, ce n’est pas l’exercice qui a fini par m’avoir à l’usure! Que non! C’est plutôt le cynisme des slogans, des faiseurs d’images dans cette criée publique où l’en vend aux enchères du rêve au plus offrant, à tord et à travers!

Pourquoi? Parce que je suis convaincu que les véritables enjeux qui rongent notre société n’auront pas de solutions après cette énième élection. Nos partis vont se focaliser sur des sujets qui divisent, comme les épouvantails de la souveraineté, de l’immigration et des frais de scolarité, pour assurer la victoire à l’héritier par défaut du prochain mandat!

Notre école saigne, car le décrochage scolaire au secondaire risque de nous réduire à de la bouillie pour les chats! Et vous allez voir que tous les partis «vendront» l’idée de génie de ramener tous les adolescents sur le chemin des classes par magie!

Le paquebot de notre système de santé prend de l’eau de partout comme un Titanic qui chavire à vue d’œil et vous allez voir qu’on va nous promettre un médecin de famille pour tout un chacun.

Nos aînés sont des laissés pour compte qui gémissent seuls dans un labyrinthe de la mort! Sans scrupule, des candidats oseront nous dire que çà sera de l’histoire ancienne et que tout rentrera dans l’ordre une fois leur équipe mise en selle à Québec.

Notre dette nous étouffe comme des proies prises dans des sables mouvants. Plus nous bougeons, plus nous nous enfoncerons! Et il y aura des guignols qui vont nous dire: la dette, c’est simple, il nous faut de la croissance ou taxons les riches, et hop, la crise va disparaître comme dans un numéro d’illusion de notre Luc Langevin maison!

Pas la peine de lire les programmes des partis, d’écouter les joutes électoralistes ou d’assister aux débats télévisés, car on va vous vendre des mirages dans un spectacle réglé au quart de tour par des pros de l’image! Mais allez voter. Dans le doute, choisissez celui qui osera vous dire la vérité dans le blanc de l’œil même s’il n’a pas de solution miracle et qu’il n’est pas bien côté par les faiseurs d’opinions, les sondeurs!

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