LA révélation
Je ne viens pas de gagner à la loto, mais c’est tout comme. J’ai sûrement économisé environ 5 000 $ en frais de psychothérapie. C’est que je viens d’avoir une révélation, en fait, peut-être LA révélation. Mesdames et messieurs : j’ai peur de l’engagement! Voilà peut-être la cause de tous
mes maux et tourments!
Vous pensez que ce sont seulement les gars qui sont en proie à la peur de l’engagement? Eh bien, détrompez-vous, les filles en souffrent aussi, surtout les jeunes trentenaires dans mon genre!
L’autre jour, je rêvassais et je me disais que, si je rencontrais l’homme de ma vie demain matin, eh bien, je partirais probablement en courant. N’est-ce pas épeurant de penser que ce gars-là pourrait être le dernier des derniers? Si j’ai souvent pensé que c’était la chose la plus romantique du monde, aujourd’hui, ça me donne des brûlures d’estomac…
De réflexion en réflexion, j’en suis aussi venue à me dire que, si je rencontrais seulement des gars qui me donnaient des nouvelles au compte-gouttes ou qui disparaissaient tout simplement de la carte après un premier rendez-vous, c’était certainement à cause de ma peur de l’engagement. À ne pas vraiment vouloir me «matcher» avec les vrais bons gars, j’ai fini pas choisir inconsciemment les p’tits bums qui ne sont pas branchés ou qui frenchent une autre fille devant moi (voir la chronique de la semaine passée!).
Une fille saine d’esprit qui voudrait des enfants d’ici deux ans se sauverait en courant, mais moi, au contraire, je les attire comme des aimants, ces gars-là. Et ça, c’est quand je ne m’obstine pas à les garder près de moi quand je sais très bien qu’ils ne me donneront jamais ce que je veux.
Mon autopsychanalyse a aussi révélé que, si j’avais si peur de l’engagement, c’était principalement pour deux raisons. Première raison : j’en veux des enfants, mais la vie familiale me semble plus terne que ma vie trépidante de célibataire. Certains diront qu’elle est plus vide, certes, mais elle me semble beaucoup moins tracée d’avance…
Deuxième raison : la peur d’être blessée. Mon ex a laissé un grand trou dans mon cœur, et j’ai réussi tant bien que mal à le rafistoler. J’ai pas trop envie maintenant qu’un autre grand amour vienne le déchirer à nouveau. Les petites peines d’amour, les petits bums qui viennent et qui passent, ça fait beaucoup moins de gros dégâts… Ça ne fait pas des enfants forts, me direz-vous. Effectivement, mais au moins ça permet de passer au prochain appel rapidement.
Ouin… Après un peu plus d’introspection, je me dis que, finalement, j’aurai peut-être besoin d’un petit 5 000 $ de psychothérapie. J’ai longtemps pensé que la peur de l’engagement prenait elle-même les jambes à son cou quand on rencontrait la bonne personne, mais aujourd’hui, j’en doute. On rencontre peut-être la bonne personne quand notre cœur n’a plus peur des gros trous et des grosses déchirures et qu’il est prêt à sauter dans le vide sans parachute…
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.