Chasse à Ben Laden : le livre!
J’ai lu un livre, et pourtant, c’est un pavé, en moins d’un week-end, tellement le récit haletant m’a saisi. Il s’agit de Chasse à l’homme de Peter L. Bergen qui relate les dix années de la traque d’Oussama Ben Laden.
Pour l’histoire, Peter Bergen est ce journaliste derrière l’interview qui a présenté pour la première fois le fondateur d’Al-Qaïda à l’Occident en 1997. Celui où Ben Laden a déclaré la guerre aux États-Unis sur les ondes de CNN. Depuis lors, Peter Bergen est devenu l’un des spécialistes du sujet. Il est d’ailleurs l’auteur de trois best-sellers sur Oussama ben Laden et Al-Qaida.
Revenons à Chasse à l’homme ». Depuis la fin des années 1990, j’ai presque tout lu sur Al-Qaida et son chef et j’ai rarement raté un documentaire ou un reportage consacré au sujet par les médias arabes et occidentaux. Pourtant, l’auteur a réussi une prouesse romanesque. Il a tissé l’intrigue comme si c’était un vrai thriller dont j’allais découvrir le dénouement à la toute dernière phrase du livre.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont marqué le début d’une traque internationale pour capturer Oussama ben Laden, pourtant, ce dernier est parvenu à se cacher et à échapper à la battue des agences de renseignements américaines pendant une décennie. Alors, il était légitime pour le commun des mortels de se poser des questions sur l’incapacité de l’armada de l’Oncle Sam à mettre hors d’état de nuire sa cible prioritaire. Il y avait de quoi douter de l’existence même de ce Oussama Ben Laden! Et puis soudain, un soir de mai 2011, le président américain Barack Obama, s’est présenté devant les télés du monde entier pour annoncer que ses forces spéciales ont liquidé l’ennemi public nº1 des États-Unis, en pleine nuit, à Abbottabad, au Pakistan. Invraisemblable!
Si vous êtes l’un de ces septiques, en lisant le livre de Bergen, vos questions trouveront des réponses dans un récit haletant. Bergen a réussi cet exploit, car il a eu accès à des sources d’informations de première main. En plus d’avoir interviewé les hauts responsables américains de la Maison Blanche, du département d’État, du Pentagone et des différentes agences de renseignements de l’Oncle Sam, il a eu un accès privilégié à de hauts gradés de l’armée et des services secrets pakistanais. Pour preuve, il est l’un des rares journalistes à avoir visité la maison refuge de Ben Laden à Abbottabad et avoir parlé aux enquêteurs qui ont débriefé les proches du chef d’Al-Qaida en détention au Pakistan.
Des révélations dans ce livre, il y en a à la pelle. Mais une d’elles m’a vraiment impressionné. Alors que Ben Laden tablait avec ses attaques du 11 septembre sur l’anéantissement des États-Unis, c’est le contraire qui s’est produit. Al-Qaida gémit et sa direction vacille. Par contre, les États-Unis ont perfectionné la toile de leurs services de renseignements. Le matin du 11 septembre 2001, le budget annuel de l’ensemble des agences de renseignement américaines s’élevait à environ 25 milliards de dollars. Dix ans plus tard, il est de 80 milliards de dollars. En somme, il a fallu 500 milliards de dollars aux agences américaines de renseignements pour liquider Ben Laden. Le paquet!
Chasse à l’homme
Peter L. Bergen
Aux éditions Robert Laffont
Présentement en librairie