André Boisclair: LE franc-tireur!
Eh non, je ne vais pas vous parler du segment Hérouxville de l’interview d’André Boisclair à Télé-Québec! Je vais vous parler de l’autre André Boisclair, LE franc-tireur.
Je l’ai déjà mentionné dans cette tribune, à l’hiver 2007, ma caméra à l’épaule, j’ai suivi un jeune candidat péquiste dans un fief rouge à l’ouest de Montréal, sorte de club-école des souverainistes. Là où ils dépêchent leurs poulains pour faire leurs dents dans l’antre des libéraux!
Un mois durant, j’ai rôdé à l’intérieur des coulisses péquistes. Une expérience incroyable qui m’a permis de saisir une réalité: la vie de politicien est ingrate et la partisanerie étrangle même les meilleurs d’entre nous! Entre le Boisclair apprécié par son entourage immédiat et le André méprisé par une partie du peuple, tout un fossé.
Il y a le Boisclair intime, drôle, amuseur, très intelligent et capable de pondre des slogans à une cadence industrielle. Il y a aussi l’autre, André, perçu comme un snob fan de fringues et de luxe, hautain, méprisé pour son orientation sexuelle et son ancienne «affaire» de coke qui l’a hanté durant sa campagne.
En faisant le micro-trottoir, j’ai été éberlué devant la violence verbale et non verbale dégagée par les anti-André! Au marché Jean-Talon, hors caméra, j’ai échangé avec monsieur et madame Tout-le-monde. Des Québécois blancs de souche, dont certains de l’âge d’André Boisclair. Ils critiquaient vertement le chef péquiste pour toute sorte d’affabulations! Quant aux électeurs d’origine immigrante rencontrés dans le sous-sol d’un grand magasin à l’ouest de l’île, déjà, un séparatiste ne passait pas, et encore moins André Boisclair et ses «affaires»!
Revenons à l’interview accordée par l’ancien chef péquiste à Richard Martineau. Là, on a plus vu le Boisclair que André. Celui qui est vif d’esprit, rapide à la réplique et capable de produire des messages courts et imagés appréciés par le grand public.
Oui, je sais, on pourrait jaser sans issue, des nuits et des jours, sur le bout consacré à sa position sur le gaz de schiste. Mais, entre vous et moi, même si on ne le partage pas, accordons à ce Boisclair la clarté de son argumentaire et sa facilité à convaincre les plus sceptiques.
C’est le genre de politicien que j’aurais aimé voir à droite comme à gauche lors de notre dernière campagne. Des candidats qui sont le reflet de leur temps. Tribuns, à l’aise avec leurs valeurs et capables de propulser la société vers l’avant pour réussir un bond historique dans le futur. Chaque génération a besoin de cet élan! Hélas, la démagogie, le dogmatisme et la partisanerie sont passés par là!
Dans l’interview des Francs-tireurs à Télé-Québec, revoyez le bout où André Boisclair dégaine contre la critique qui stigmatise les pauvres, les prestataires du BS et le corporatisme des syndicats. Et de quelle manière il taille en pièces l’entêtement de Charest.
André Boisclair a expliqué la vie d’un gouvernement comme un éclair. La campagne électorale est le rendez-vous pour établir sa crédibilité et faire le plein de capital confiance auprès des électeurs. Avec ce coussin, il faut gérer sa législature. Autrement dit, savoir quand rester dur comme le rock en choisissant les batailles à ne pas perdre. Pour le reste, il ne faut pas être gêné de plier comme le roseau!
Là, on a vécu un moment de télé historique. Richard Martineau a conclu l’interview par un sourire fondu et les joues rougies. Il est humain le Martineau!