Une taxe sur les boissons gazeuses, qui dit vrai?

Dans un sondage commandé par la Coalition québécoise sur la problématique du poids, on apprenait que 77% des Québécois et 70% des Canadiens sont favorables à l’instauration d’une taxe spéciale sur les boissons sucrées pour prévenir l’obésité.

La Coalition Poids milite depuis quelque temps pour qu’une taxe de 0,05$ le litre soit appliquée sur les boissons sucrées et énergisantes. Ainsi, le gouvernement pourrait recueillir plus de 40 millions de dollars par année, qui servirait entre autres à financer des campagnes de sensibilisation et de prévention de l’obésité.

Ce à quoi s’objecte l’Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec qui soutient qu’une telle taxe ne résoudrait en rien le problème de l’obésité. Elle aussi a un sondage à l’appui: 75% des Québécois croient qu’une taxe sur les boissons sucrées serait un moyen inefficace de combattre l’obésité. Pour l’Association, la résolution de ce problème pandémique passera par l’éducation de la population.

Qui dit vrai? Devrions-nous donc imposer une taxe sur ces boissons du diable?

Une étude publiée en octobre 2009 dans The New England Journal of Medicine soutient que de réduire notre apport calorique de 1 ou 2 % par année pourrait avoir un impact très positif sur la santé. Des données indiquent aussi que des prix plus élevés aideraient à réduire la consommation de boissons sucrées. Pour chaque hausse de prix de 10%, la consommation diminuerait de 7,8%.

Cette étude compare aussi les effets entre une taxe de vente et une taxe d’accise. Selon les chercheurs, une taxe d’accise, c’est-à-dire une taxe fixe de 1 cent par once qui serait intégrée dans le prix au détail, serait à privilégier.

Quoi qu’il en soit, on ne pourra savoir ce qui se passera avant d’appliquer cette taxe.

Un des pères du capitalisme moderne, Adam Smith, avait dit en 1776 : «Sugar, rum and tobacco are commodities which are nowhere necessaries of life, which are become objects of almost universal consumption, and which are therefore extremely proper subjects of taxation.»

C’est réglé pour le rhum et le tabac, qu’attend-on pour le sucre?

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