Montréal et le tattoo de la honte

Il y a longtemps que notre métropole est sur le party… On s’amuse, on s’amuse et oups… On se rend compte qu’il est tôt le matin et qu’on est tout nu au lit avec quelqu’un dont le visage ne nous est pas du tout familier dans un appart’ inconnu! (Non, il ne s’agit absolument pas d’une expérience personnelle! C’est arrivé une fois à un ami… Qu’on ne connaît pas tant que ça! En fait, c’est une lointaine connaissance! C’est promis juré!) Comble de malheur, en se rendant dans la douche, on se rend compte qu’on a un tattoo de dragon dans le bas du dos… Tatouage qui n’était pas là la veille!

En d’autres termes, après la démission du maire Tremblay et les révélations continuelles à la Commission Charbonneau, le réveil est brutal pour les Montréalais. Et les stigmates, quant à eux, risquent d’être là longtemps : bien malin celui qui peut prédire à quel moment la réputation de Montréal sera rétablie… Parce qu’honnêtement, pour l’instant, c’est catastrophique! Non seulement il sera pratiquement impossible de faire confiance à Union Montréal tant que le ménage ne sera pas fait, mais en plus, la fonction publique en prend pour son rhume!

Après des bouteilles de vin, de l’argent, des voyages, alouette… Voilà qu’un fonctionnaire avouait à la Commission Charbonneau, bien candidement, que des entrepreneurs lui avaient offert des escortes! Offre généreuse qu’il a bien sûr déclinée! Ben quoi? C’est un gars honnête!

Sérieusement, collectivement, nous vivons présentement un sale lendemain de veille : tête qui tourne, mal de cœur, honte de ce qui s’est passé… En fait, le haut-le-cœur est continuel, quand on sait de quelle façon est dépensé notre argent si durement gagné! Et si à Laval, le gouvernement du Québec parle de nommer un vérificateur indépendant, qu’en est-il de Montréal? Le désarroi des citoyens est palpable et si on ne déclenche pas d’élections anticipées, il faut à tout le moins rassurer les gens. La démission de Gérald Tremblay est un pas dans la bonne direction, mais puisque nous apprenons chaque jour, grâce à la Commission Charbonneau, de nouveaux éléments qui laissent à penser que le système montréalais est pourri jusqu’à la racine, on ne peut pas se contenter de laisser toute l’ancienne équipe en place.

Politiquement, des élections seraient nécessaires, mais au-delà des postes électifs, que pouvons-nous faire pour encadrer le travail des fonctionnaires de façon sérieuse? La corruption doit devenir chose du passé.

En attendant, quelqu’un a-t-il un remède pour faire oublier le tattoo de dragon au bas du dos avec lequel on s’est tous réveillés il y a quelques semaines? On vire une autre solide brosse?

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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