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Semaine des enseignants: la FSE énonce ses demandes

Semaine des enseignants: la FSE énonce ses demandes
Photo: Monkey Business Images

MONTRÉAL — La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) interpelle le gouvernement caquiste pour qu’il tienne promesse en investissant davantage en éducation, mais la présidente du syndicat craint une autre vague de compressions alors que le premier ministre a déclaré cette semaine qu’il cherchait à dégager des revenus dans les ministères.

Au coup d’envoi de la Semaine des enseignantes et des enseignants, dimanche, la FSE-CSQ a appelé le gouvernement à mieux valoriser les enseignants, en améliorant leurs salaires et leurs conditions.

En ce moment, pour les enseignants, «les papiers sont devenus plus importants que les élèves», a déploré la présidente Josée Scalabrini en entrevue.

Mme Scalabrini a expliqué que dans les dernières années, les enseignants s’étaient vu confier plus de responsabilités, mais sans avoir plus de ressources. Et les compressions des années libérales ont aggravé le tout, a-t-elle soutenu.

Avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement caquiste à Québec, qui dit faire de l’éducation une priorité, Mme Scalabrini reste prudente avant de se réjouir.

Lors de la dernière campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis d’investir 400M$ supplémentaires en éducation, qui seraient consacrés uniquement aux niveaux primaire et secondaire. François Legault s’était aussi engagé à valoriser davantage les enseignants en augmentant leur salaire à l’entrée de la profession et en leur donnant plus d’autonomie, ce qui correspond aux revendications de la FSE-CSQ.

Mais Mme Scalabrini déplore que l’un des premiers gestes du gouvernement ait été de «couper pas loin d’1G$ en éducation», en uniformisant les taxes scolaires.

Elle s’inquiète également des propos de M. Legault, qui a déclaré cette semaine qu’il souhaitait dégager des économies de 838M$ en un an sans nuire aux services à la population.

«Oui, les enseignants sont inquiets et oui on est en train de se dire: est-ce qu’encore une fois on aura eu de beaux discours, de belles promesses, mais que les gestes concrets ne seront pas au rendez-vous?», a-t-elle soutenu.

Déploiement des maternelles quatre ans
Autre promesse phare de la CAQ: le parti avait promis d’instaurer les maternelles quatre ans partout au Québec, au grand dam des syndicats d’enseignement.

Selon Mme Scalabrini, le gouvernement commence déjà à réaliser que sa promesse est «inapplicable».

«On sent que déjà, le gouvernement commence à réajuster des choses et il faut qu’il le fasse, a-t-elle indiqué. Oui, créons des maternelles quatre ans dans les milieux défavorisés où il n’y a pas de services pour l’enfant de quatre ans. Mais le mur à mur, c’est inacceptable pour nous.»

Récemment, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe a affirmé au «Journal de Québec» que l’implantation des maternelles quatre ans ne se ferait pas au détriment des garderies et Centres de la petite enfance (CPE). «Si vous avez, à titre d’exemple, vingt écoles dans une municipalité. Si on a besoin d’ouvrir quatre prématernelles 4 ans, dans quelles écoles est-ce que ce serait plus efficace de le faire en considérant les services de garde à l’enfance qui existent déjà, en considérant les CPE et les garderies qui existent déjà aux alentours?», a-t-il expliqué.

En novembre dernier, le premier ministre Legault semblait loin de vouloir reculer, affirmant que le déploiement des maternelles «n’allait pas assez vite».

Lors du débat des chefs en campagne, M. Legault avait d’ailleurs promis de démissionner s’il ne respectait pas cette promesse. «Pour moi, là, je ferais de la politique seulement pour les maternelles quatre ans», avait-il dit. Il avait répondu par l’affirmative lorsqu’il s’était fait demander par l’animateur du débat, Patrice Roy, s’il mettrait son poste en jeu sur cette question.

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