Abidal, Barça et Islam!

Les fins de semaine, mes après-midi sont consacrés au championnat de soccer espagnol. Au-delà du sport, certains après-midi passent à l’histoire.

Cette saison, aucun forfait câblé n’offre la Liga. La honte! Comme les amateurs du soccer d’élite — et ils sont des centaines de milliers dans le Grand-Montréal –, je me rabats sur les cafés de la ville ou la transmission en streaming sur le web.

Et samedi dernier a été un après-midi magique! Pas parce que le Barça a lessivé par 5 à 0 l’une des pires équipes de l’année en Espagne. Non plus parce que Villanova, entraîneur et enfant du pays, est retourné sur le banc de l’équipe après avoir été traité à New York pour une rechute d’un cancer d’une glande salivaire.

Que non! À vingt minutes de la fin du match, un autre miraculé a pointé le nez au banc barcelonais. Le spectacle n’était plus sur le terrain, mais au coin d’échauffement des remplaçants. À Barcelone, depuis 2011, le Français Éric Abidal est devenu une icône catalane, car du lit de la mort, il s’est extirpé à deux reprises pour revenir au jeu.

Il y a deux ans, le Barça a annoncé que son joueur français souffrait d’une tumeur au foie. Il a subi une opération chirurgicale qui l’a éloigné des terrains presque deux mois. Le 3 mai 2011, comme remplaçant, il a réintégré le Barça pour affronter le Real Madrid en demi-finale retour de la Ligue des champions, sous les acclamations d’un stade debout.

Une vingtaine de jours plus tard, le 28 mai 2011, le revenant a été titularisé lors de la finale de cette coupe prestigieuse contre le Manchester United. Barcelone l’a emporté. À l’issue du match, Puyol et Xavi, capitaines habituels, ont transmis le brassard à Abidal pour soulever le trophée en premier. La classe.

Un an après sa première opération, le 15 mars 2012, le club catalan a annoncé que son revenant a fait une rechute. Il a subi une greffe du foie. Personne n’aurait misé sur son deuxième retour au jeu. On croyait sa carrière terminée. Pas le Barça.

Ce samedi 6 avril 2013, lorsqu’il a foulé la pelouse du mythique Camp Nou barcelonais, le public s’est mis debout et les «Avi», le surnom affectueux d’Abidal, ont fusé. Sur la ligne de touche, le Français a fait son geste habituel avant de fouler la pelouse. Il a ramené ses deux mains devant son visage mimant la lecture d’un livre. Il a psalmodié des versets du Coran.

Oui, Éric Abidal, ce symbole du courage catalan, est un converti à l’Islam et sa femme est d’origine algérienne. Il pratique sa religion dans une ville diversifiée où cohabitent plusieurs cultures sans lui faire perdre son identité catalane. Imaginez un instant la même scène avec un joueur sortant du banc du Canadien!

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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