Irak: Les vérités de Tarek Aziz

Après-demain, Al Arabya, la chaîne arabe d’information continue, promet la diffusion d’une entrevue-choc de Tarek Aziz, l’un des derniers survivants du cercle fermé des proches de l’ancien dictateur irakien, Saddam Husseïn.

À 77 ans, Tarek Aziz attend son exécution en Irak. Né Mikhaïl Johanna, près de Moussol, il a été le seul Irakien de confession chrétienne à occuper des postes de prestige depuis l’avènement de l’ère Saddam. Tour à tour, il a été ministre de l’Information (1974-1979), vice-premier ministre (1979 à 1983) et ministre des Affaires étrangères (1983 à 1991), avant de redevenir vice-premier ministre et principal négociateur irakien avec l’Occident de 1991 à 2003.

Après l’invasion de l’Irak et la chute de Bagdad, en avril 2003, Tarek Aziz a été étiqueté numéro 43 sur la liste des personnalités les plus recherchées par les forces américaines. Traqué et dépassé par l’âge, il s’est rendu le même mois. Depuis 2008, quand les Américains l’ont transféré aux autorités irakiennes, l’ancienne voix à l’étranger de Saddam a été jugée à quatre reprises pour ses rôles dans la répression contre des civils, notamment les communautés chiite et kurde. Il a été condamné à des peines allant de sept ans de prison à la peine capitale.

Mais revenant à la primeur d’Al Arabya qui risque de remettre en lumière de sulfureux dossiers qu’on pensait enterrés.

Selon ce que rapporte la chaîne arabe, dans cette interview qui a été réalisée par Ali Dabbagh, l’ancien ministre et porte-parole du gouvernement irakien, Tarek Aziz, a commenté dans le détail les différents événements de l’histoire contemporaine de l’Irak, alors qu’il était proche du pouvoir.

Certaines révélations controversées feront certainement couler beaucoup d’encre. Al Arabya a d’ailleurs laissé filtrer certains extraits sur son site web. À titre d’exemple, lorsque Saddam a décidé d’envahir le Koweït, il était atteint d’une maladie mentale. Tarek Aziz a aussi accusé les membres de la famille de Saddam d’être derrière toutes les dérives qui ont ruiné le pays. Dans ce dossier, il a fait référence, entre autres, au beau-fils de Saddam, Husseïn Kamel, qui aurait fomenté un putsch!

L’ancien porte-parole du dictateur a aussi fait des révélations sur les dessous des armes de destruction massive (ADM) et livré son point de vue sur le rôle de l’Espagne et de l’Allemagne dans la fourniture d’armes chimiques à Saddam ainsi que celle de la guerre contre l’Iran, notamment le double jeu des Russes.

Les extraits annoncés par la chaîne arabe d’information en continu sont troublants. Si les révélations de celui qui a été le visage du régime Saddam pour les médias du monde s’avéraient exactes, elles vont certainement mettre dans l’embarras plusieurs personnalités politiques et militaires, d’Irak et de l’Occident. À suivre.

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