Bahreïn: Printemps arabe et GP de Formule 1
Je suis un amateur de courses de chars, surtout les Grands Prix de Formule 1. Pour vous dire, à une certaine époque, j’étais capable de suivre ces courses sur des chaînes satellitaires dans des langues étranges à mes oreilles comme l’allemand, le polonais ou le turc. Même là, les commentateurs arrivaient à me faire accrocher.
Ce n’est plus le cas depuis que je suis ici. Avec RDS, je me permets la Formule 1 en français, s’il-vous-plaît. Certes, à titre d’analyste et de commentateur, j’aurais aimé avoir plus de Christian Tortora, ce véritable vétéran de la Formule 1, bien plus que ses collègues commentateurs au studio, ici, coin René-Levesque et Papineau. Mais bon, on ne peut pas tout avoir dans la vie.
Pourtant, même si je suis un inconditionnel des GP à travers le monde, je ne sais pas si je vais être tenté de me réveiller aux aurores pour suivre celui du Bahreïn sur le circuit de Sakhir, près de Manama, la capitale.
Là-bas, au royaume du Bahreïn, quelques jours avant la course de Sakhir, la situation n’est toujours pas pacifiée entre les protestataires chiites et le pouvoir sunnite. Human Rights Watch a annoncé que des perquisitions dans des domiciles ciblés et des détentions arbitraires d’opposants ont eu lieu dans ce pays, non loin du circuit de Sakhir, qui abrite la grande messe des bolides.
Eh oui, à Bahreïn, cette petite île de presque 700 km² et d’un peu plus d’un million d’habitants, dont plus de la moitié sont des expatriés, le roi Hamad ben Issa el-Khalifa est à la tête d’une démocratie de façade. Les sunnites minoritaires accaparent le pouvoir au détriment des chiites majoritaires.
À Bahreïn, auparavant, les troubles politiques étaient fréquents, mais ses pétrodollars coulaient à flots et résorbaient sa crise politique aiguë. Et même après avoir épuisé ses réserves de pétrole dès la fin des années 1970, le royaume a réussi là diversifier son économie pour devenir l’un des plus importants centres financiers au monde. Évidemment, la crise financière de 2008 l’a durement ébranlé. Du coup, les manifestations s’y sont multipliées, avant même l’an 2011 et le soulèvement des autres pays arabes comme la Tunisie, la Libye, l’Égypte, la Syrie et le Yémen.
Avec ce printemps arabe, la grogne de la rue s’est accentuée, avec l’aide de l’Iran, le grand frère des manifestants chiites. Pris de panique, le gouvernement des el-Khalifa a réprimé les manifestants avec l’aide de l’armée du grand frère sunnite, l’Arabie saoudite. Plusieurs morts après, le pays vit des troubles en continu.
Lors de ce long week-end, les essais et la course du GP de Bahreïn auront lieu dans un climat de contestation chiite qui devrait redoubler d’intensité. La course, quant à elle, elle aura bel et bien lieu. Busines as usual!