De la xénophobie
Quand la xénophobie s’exalte, la première image qui traverse mon esprit est celle d’une célèbre série policière américaine.
Si ma mémoire est bonne, c’était une scène de NYPD Blue. Dans cet épisode marquant, les auteurs de la série traitaient de la peur de l’autre et des préjugés de certains flics blancs à l’égard des jeunes Noirs de New York.
Cette séquence mythique réunissait le personnage de l’inspecteur Andy Sipowicz, interprété par Dennis Franz, et celui du commissaire Arthur Fancy, incarné par James McDaniel, le chef noir du commissariat où se déroulait les intrigues de la série.
Pour ses amateurs, NYPD Blue doit beaucoup au personnage d’Andy Sipowicz. Au début de la saga, il était un flic raciste, violent et alcoolique. Plus la série avançait, plus son personnage cheminait vers la rédemption pour éclipser ses covedettes. Dennis Franz est d’ailleurs le seul personnage présent dans tous les épisodes de la série.
Revenons à la scène mythique. Pour aider son inspecteur à combattre ses démons, notamment sa méfiance envers les Noirs, le commissaire l’invite dans un restaurant pour souper. Surprise, tout le monde dans le restaurant est noir, du gérant au barman, en passant par les serveuses et les clients. Comme dirait l’autre, un commerce ethnique.
Le commissaire avait ses habitudes dans ce lieu prisé par la communauté noire de New York. Il est donc traité avec égard et on lui propose une des meilleures tables au beau milieu des convives. Dès leur entrée, le duo attire les regards des clients. L’arrivée d’un Blanc dans un restaurant prisé exclusivement par la clientèle noire ne va pas passer inaperçue.
Après s’être installé et avoir commandé, le commissaire se rend à la toilette. Seul, Andy Sipowicz est de plus en plus dévisagé par les clients noirs.
Sa présence les intrigue. L’espace d’un moment, cet inspecteur blanc se retrouve dans l’habit de la minorité catégorisée et de l’étranger bizarre aux mœurs dévalorisées jugé avec condescendance, voire avec mépris par la majorité.
De retour à la table, le commissaire remarque que son compagnon de soirée sue énormément. Il est complètement désemparé et mal à l’aise.
Fier de son coup, le commissaire demande alors à son inspecteur comment il se sent au milieu d’une foule hostile avec tous ces yeux braqués sur lui.
Cette scène anodine explique parfaitement la xénophobie. Quand on fait partie de la majorité, on est capable d’être hostile envers l’étranger. Et on comprend mieux les ravages de la xénophobie après l’avoir subie.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.