La « Syrie » continue… vers le pire

La Syrie se meurt. Si rien n’est fait d’ici janvier 2014, ce grand pays arabe risque de disparaître de la carte du monde.

Et dire qu’au tout début, dans la foulée du printemps arabe, une jeunesse éprise de liberté a manifesté pacifiquement à Damas et à Deraa pour réclamer un État de droit. Au lieu d’écouter la voix de la raison, les voyous du régime ont tiré sur la foule.

La Syrie s’est embrasée pour devenir un terrain d’enjeux qui dépassent le seul peuple syrien. L’Iran et son allié chiite, le Hezbollah libanais, avec la Russie et la Chine, ne lâcheront plus le morceau.

Selon les estimations de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), en trois ans, ce confit a causé la mort de 126 000 personnes, dont 6 600 enfants. Le tiers des victimes sont des civils. L’effroi!

Le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme (HCDH) de l’ONU déclare pour la première fois qu’il existe des preuves de la responsabilité du président syrien Bachar Al-Assad dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Dans sa mise à jour, le HCDH décrit la nature de plus en plus sectaire du conflit. D’un côté, les forces gouvernementales et les milices qui les soutiennent attaquant des civils sunnites. De l’autre bord, des groupes armés antigouvernementaux attaquant des alaouites et d’autres communautés minoritaires pro-gouvernementales, dont des catholiques, des Arméniens orthodoxes et des Druzes.

Dans ce terreau fertile, Al- Qaïda a ouvert sa succursale syrienne. Elle a vite été dopée par des combattants étrangers et la radicalisation de certains des combattants syriens antigouvernementaux.

Quelque trois millions de réfugiés syriens ont envahi les pays voisins. Cette situation risque de détruire le Liban et de mettre à genoux la Jordanie démunie. Même la Turquie, un pays riche et organisé, ne peut plus supporter la «horde».

Toutes ces évidences ne valent pas le témoignage d’un homme d’expérience. L’émissaire des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a accordé un entretien à la RTS, la télé publique suisse.

L’ancien diplomate algérien, qui en a vu des vertes et des pas mûres, tire la sonnette d’alarme. Pour lui, le niveau et la vitesse de destruction de la Syrie dépassent les dommages qu’ont causés les conflits les plus meurtriers.

«En Syrie, ou bien nous allons avoir un règlement assez rapide, ou bien nous allons avoir une méga-

Somalie. Vous allez avoir des chefs de guerre, des émirs de toutes sortes et des seigneurs de guerre qui vont se diviser le pays, mais pas en état organisé», a lancé Lakhdar Brahimi, la voix nouée, à la télé suisse.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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