La gagne ou l’esprit de Coubertin?
Depuis le début des Jeux de Sotchi, aux yeux de certains de nos médias et de notre public, il n’y a que la victoire qui pèse dans la balance! Où est passé l’esprit de Coubertin?
Et je vous fais grâce du «Sotchi bashing» de certains de nos journalistes en Russie. Comme une grande partie des médias occidentaux, au lieu de savourer les Jeux, ils sont devenus subitement des reporters infiltrés des émissions Enquête ou J.E. Comme si, chez nous, on ne pataugeait pas dans le mélodrame de la Commission Charbonneau et nos infrastructures ne tombaient pas en ruines!
Pis, lors des épreuves, à chaque chute ou échec de nos athlètes, une ambiance d’enterrement s’abat sur nos plateaux. La déprime! Le summum de l’ingratitude a été atteint avec la performance de Patrick Chan au patinage artistique.
Même avec une médaille d’argent, notre grand champion a eu droit aux «il a échappé l’or», «il avait l’or sur un plateau d’argent. Il a pris le plateau», et j’en passe. Figurez-vous, notre grand champion et artiste nous a offert une médaille d’argent olympique et on a le culot de le tourner en bourrique!
Même notre sélection nationale masculine de hockey goûte à cette médecine. Pourtant, nous avons une équipe de rêve. Ils ne sont qu’à leurs premiers matchs officiels ensemble, pourtant nos vedettes de la LNH sont incroyables. Même à l’état expérimental, c’est le meilleur hockey que je n’ai jamais eu à voir.
En l’absence des affreuses bagarres du Moyen-Âge, les mises en échecs vicieuses et les coups salauds, Équipe Canada s’éclate. Pour faire une analogie avec le soccer, notre équipe nationale allie à la fois le génie brésilien de la Seleção, le rouleau compresseur de la Mannschaft allemande et le Tiki-Taka de la Roja espagnole.
Pourtant, certains commentateurs et leurs tribunes ouvertes dénigrent sournoisement notre équipe de rêve et son staff dirigeant. Qui, dans le public et nos salles de nouvelles, pourrait revendiquer plus d’expérience et de connaissance du hockey que notre groupe d’entraîneurs, les Mike Babcock, Ken Hitchcock, Claude Julien, Lindy Ruff avec à leur tête Steve Yzerman?
Les Jeux olympiques deviennent de plus en plus un spectacle médiatique ou la gagne tue l’esprit de Coubertin. Des valeurs comme l’effort, le travail, l’abnégation, le respect, la modestie, l’esprit d’équipe et la politesse sont piétinées sur l’autel de la victoire, des commandites, de la gloire et des cotes d’écoute.