Le racisme voilé

Trois histoires de racisme ont défrayé récemment la chronique. Ce racisme flagrant n’est pas le véritable danger. Un autre racisme couve dans nos sociétés et cause plus de dégâts.

Toutes ces sagas entourant les Sterling, Dany Alves et P.K. Subban ont déclenché un énorme élan de solidarité. Car de nos jours, il faut être taré pour exhiber sa haine contre des citoyens appartenant à une minorité visible. Les faibles de ce bas monde usent plutôt d’un racisme plus subtil qui passe sous le radar.

Ceci me rappelle une histoire sordide. Elle m’a été contée par un ami qui a traversé les pires affres de la guerre civile. Ce journaliste à la résilience à toute épreuve a été ébranlé, ici, plus d’une fois, par une insulte haineuse à cause de son origine.

Sa première expérience s’est déroulée dans les allées du pouvoir. C’était lors d’un reportage sur un énième scandale politique où la corruption et la collusion ébranlaient l’un des paliers de gouvernement. Durant une mêlée de presse, un porte-parole y est allé d’une autre révélation sulfureuse. Dégoûté, mon ami a «osé» partager un commentaire avec d’autres collègues : «Ce gouvernement ressemble de plus en plus à une république bananière». Sur-le-champ, visiblement irrité et avec un sourire narquois, un reporter lui a lancé du fond du couloir : «Pas toi. Au moins, ici, on n’égorge pas les gens!» Dans d’autres mots, toi, l’Arabe, on n’a pas de leçons à recevoir de tes semblables.

Cette médecine, j’y ai moi-même goûté. Depuis que j’ai «eu l’audace» de commenter notre actualité locale, je me fais rabrouer. J’ai l’impression de devoir signer tous mes papiers ainsi : «Je suis un Québécois et non le porte-parole d’une ethnie ou d’une religion. Je remercie du fond du cœur ma terre d’accueil de m’avoir accepté. Je vous présente mes excuses d’avoir osé nous critiquer.»

Ici, combien d’honnêtes citoyens sont discriminés ou mis à l’écart dans leur milieu de travail à cause de leur croyance, de leur accent, de leur parfum, de l’odeur de leur bouffe, de leur façon de mâcher, de leur style vestimentaire, et j’en passe? Combien parmi eux sont quotidiennement la cible de moqueries, de méchanceté et de pensées dégradantes proférées par des lâches derrière des portes closes?

Sous le voile de la peur de l’autre, voire du dégoût, combien de dérangés discriminent des victimes pour de fausses raisons? Ces faibles sévissent partout. Ne soyez pas leur complice par association. Dites-leur d’arrêter de casser du sucre sur le dos des minorités. Dénoncez-les. Tolérance zéro! 

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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