Mondial 2014: faut-il enterrer la Roja?
Pour sa première sortie dans ce Mondial du Brésil, l’Espagne a été étrillée par la Hollande. Est-ce pour autant la fin de la Roja, la sélection qui a trôné sur le toit du monde du football depuis 2008?
Pourtant, les hommes de Vicente Del Bosque ont bien entamé ce premier match du groupe B. Comme à l’accoutumée, en début de partie, avec ses joueurs maintenus dans un bloc compact dans toutes les phases du jeu, le champion du monde en titre a déroulé sa maîtrise du ballon et son pressing très haut pour asphyxier l’adversaire dans son propre camp.
Le fameux tiki-taka, cette série de petites passes répétées à la tonne pour déboussoler les équipes adversaire, a fonctionné en première mi-temps. Résultat, un but sur penalty et deux autres réelles occasions de marquer. Écœuré par cet épouvantail, le public sifflait les joueurs espagnols, car il est agacé par tant de suprématie qui n’en finissait plus.
Inlassablement, le ballon circulait aisément à travers un nombre incalculable de passes réglées au quart de tour par le quatuor Andrés Inesta, Xavi Alonso, Xavi Hernández et Sergio Busquets, l’un des meilleurs milieux de terrain de tous les temps. Soudain, à la dernière minute de cette première mi-temps, sur un centre anodin, le coup de tête de Robin van Persie plongea toute l’Espagne dans le doute.
L’égalisation ramena les Hollandais à la course et redonna espoir à sa pléiade de stars dirigée d’une façon scientifique par le professeur Louis van Gaal. La deuxième mi-temps a vite tourné au cauchemar. Des bourdes inimaginables d’Iker Cassillas. L’invincible portier a flanché. Trois buts sans réplique. C’était la déroute. La meilleure équipe des six dernières années, ce rouleau compresseur qui a intimidé, maltraité et humilié les grands du foot ici bas, est soudainement apparu perdue sur le terrain. 2-1, 3-1, 4-1. Le compte ne s’arrêta qu’à 5 à 1.
L’addition aurait pu être plus lourde.
À quelques secondes du sifflet final, que c’était pénible de voir Del Bousquet donner une tape de réconfort sur les épaules de ces joueurs totalement abattus sur le banc de touche! Est-ce le match de trop où tout se déroule de travers et vire à la catastrophe? Ou est-ce la fin de cycle d’une génération talentueuse et redoutable? Je ne le crois pas.
Mon argumentaire dans ma chronique de mercredi prochain!