Mes quatre vérités
Personne n’aime se faire dire ses quatre vérités, mais parfois, c’est un mal nécessaire si on aspire à évoluer un peu…
Vendredi, je suis sortie avec des amies dans un bar de la vieille capitale. Comme souvent quand je sors, je me suis «un peu» plainte de l’allure prépubère des jeunes gens nous entourant. C’est alors que mon amie Josiane s’est approchée de moi, m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit : «Là, je vais te le dire Juliette, c’est vraiment fatiguant que tu parles toujours de l’âge du monde quand on sort!»
Mes autres amies ont alors toutes acquiescé avec des yeux qui semblaient dire : «Bon, il était temps que quelqu’un lui dise!»
J’ai alors voulu répliquer que c’était faux, mais aucun son n’est sorti de ma bouche, car en vérité, c’est un peu vrai.
Mon amie Mariloup en a même rajouté en disant : «Et en plus, quand tu rencontres un gars dans un bar qui semble plus jeune que toi, la première question que tu lui poses c’est : « T’as quel âge? » ou « Devine quel âge j’ai? » C’est un peu intense.»
Ouch, ça a fait mal à l’égo ça! Et ce n’était pas fini. Mon égo en a encore pris plein la gueule cette soirée-là.
Alors que nous étions sur notre départ, une personnalité bien connue du showbiz québécois a fait son entrée. Dans la vie, je suis tout sauf groupie, mais je dois dire que le jeune homme dont il est question ici est pas mal cute.
«On reste un peu», a suggéré Mariloup qui était convaincue que «la vedette» n’arrêtait pas de nous jeter des regards furtifs. Nous avons donc pris un autre verre et quand nous avons voulu quitter les lieux, «la vedette» s’est interposée entre nous et la porte.
Je me suis alors mis à lui déverser tout un flot de paroles où je lui disais entre autres qu’on s’était déjà rencontré – ce qui était vrai – et bla bla bla. Il m’a écouté par politesse pour ensuite se présenter à mon amie et lui dire comment il l’avait trouvée magnifique. Disons que ce n’était pas vraiment ma soirée!
Si la vérité sort de la bouche des enfants, elle sort aussi de la bouche des meilleures amies. Sur le chemin du retour, Mariloup n’a pas pu s’empêcher de me dire que mon comportement avec «la vedette» était, encore là, trop intense. «Tu lui as quasiment sauté dessus!» s’est-elle écriée.
Dans mon lit, ce soir-là, j’en suis venue à la conclusion qu’il fallait absolument que je revoie mes techniques de cruise. À partir de maintenant, j’arrête de m’en faire avec mon âge et celui des autres, et surtout, j’arrête d’en parler! J’ai 29 ans, certes, mais on me dit toujours que j’ai l’air d’en avoir cinq de moins. Si je m’en fais avec ça, c’est entre autres parce que je veux avoir l’air de tout, sauf d’une vieille célibataire désespérée qui sort pour «rencontrer». Mais à voir ma conduite avec «la vedette» vendredi soir, j’ai exactement eu l’air de ça!
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