Deux filles en camping
Le week-end dernier, voulant fuir la canicule, mon amie et moi avons décidé de partir en camping. Au programme : faire de la randonnée, nous baigner, veiller autour d’un feu de camp… et rencontrer des hommes des bois. Enfin, c’est ce que nous espérions!
En chemin, nous fabulions, mon amie et moi. «Comme ce serait plaisant de rencontrer deux jeunes hommes ayant décidé, tout comme nous, de fuir la chaleur de la métropole, avec qui partager notre sac de guimauves! Et si l’un d’eux pouvait, par le plus heureux des hasards, jouer de la guitare, ce serait le paradis!»
Mais comment capturer le raton laveur urbain? Une idée nous est venue à l’épicerie du village. Nous avons acheté deux bouteilles de vin pourvues de twist cap et une bouteille dotée d’un bon vieux bouchon de liège. N’avant pas apporté d’ouvre-bouteille, nous allions être obligées de parcourir le camping à la recherche de deux jolis garçons qui pourraient nous dépanner. Rusées comme des renards!
Arrivées à notre terrain, nous avons décidé de partir en reconnaissance pour découvrir les lieux, arme secrète sous le bras. Après avoir passé devant tous les terrains de camping du secteur dans lequel nous nous trouvions, nous sommes revenues bredouilles. Rien que des familles et des couples!
Le lendemain, nous avions un peu perdu espoir, mais chaque fois qu’une voiture croisait notre route, nous regardions scrupuleusement qui se trouvait à l’intérieur. Nous avions même trouvé un nom de code. Si l’une de nous deux criait «raton laveur!», cela voulait dire qu’elle avait aperçu un homme sans blonde et sans enfant.
Vous êtes peut-être en train de rire de nous en lisant ces lignes, et je vous comprends. Car laissez-moi vous dire que nous avons bien ri de notre stratagème ce week-end, criant «raton laveur» à tour de rôle afin de berner l’autre!
Le jour de notre départ, nous avons enfin cru que ça y était. Alors que nous nous faisions bronzer au bord du lac, nous avons vu apparaître au loin un canot avec deux beaux jeunes hommes à bord. Était-ce un mirage? Eh bien non, les deux gars se dirigeaient vers la berge!
Après avoir attaché leur canot au quai, ils se sont dirigés vers la table à pique-nique juste à côté de nous. Nous sommes restées couchées sur nos serviettes, les yeux fermés, l’air peinard, et voilà ce que nous avons entendu : «Merde, mes sandales de cuir. C’est mortel, le sable, pour les sandales de cuir!
– Mon amour, les barres tendres sont dans le sac qui est resté dans le canot, est-ce que tu pourrais aller les chercher?»
Un couple gai : notre raton laveur était bel et bien mort!
Sur le chemin du retour, nous avons décrété que la prochaine fois que nous voudrons camper, nous irons à Oka plutôt que dans un parc de la SEPAQ situé à quatre heures de Montréal. Reste à savoir si on y trouvera des ratons laveurs urbains, parmi les ratons laveurs aux gros muscles dont c’est l’habitat naturel…
Pour joindre notre chroniqueuse : juliette@journalmetro.com
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.