Exemple à ne pas suivre!
Les filles se plaignent trop souvent que les gars n’osent pas les aborder – moi la première! D’un autre côté, j’entends déjà quelques garçons crier haut et fort que les filles ne savent pas ce qu’elles veulent. C’est parfois vrai, je vous le concède, mais laissez-moi vous dire que certains téméraires devraient parfois s’abstenir d’oser faire les premiers pas. Hommes qui lisez ces lignes, voici la petite histoire d’un exemple à ne pas suivre!
Il y a deux semaines, je suis allée prendre un verre avec deux amies. Nous sirotions tranquillement nos consommations respectives dans un sympathique bar du Mile-End quand deux garçons se sont approchés de moi.
L’un d’entre eux me lance à brûle-pourpoint : «Tu me donnes ton numéro de téléphone?» J’éclate de rire lui en disant que sa façon de m’aborder est un peu cavalière et que je ne donne pas mon numéro à n’importe qui. Le gars en question – appelons-le André – me répond que son approche, à défaut d’être subtile, a le mérite d’être directe. Je lui accorde le point, en ajoutant que, par contre, les femmes ont parfois besoin de préliminaires!
Sans qu’on les y invite, André et son ami Joseph décident de s’asseoir avec nous. André commence alors à me montrer, sur son téléphone intelligent, à quoi il occupe ses soirées. Imaginez-vous donc que ce jeune homme entreprenant consacre ses temps libres à faire de la boxe dans son sous-sol. Oui, oui, vous avez bien lu. André m’a montré une vidéo de lui, torse nu en train de frapper sur un punchin bag!
Je vous entends déjà me dire : «J’espère que tu ne lui as pas donné ton numéro!» Eh bien oui, je le lui ai donné, car André se faisait très insistant. Je pensais naïvement qu’en filtrant mes appels, je pourrais arriver à l’éviter. Mon plan n’a pas fonctionné, car le lendemain, j’ai malencontreusement répondu à l’appel d’André. Ce dernier voulait aller prendre un café. Comme par hasard, je n’étais pas disponible cette journée-là, pas plus que les jours suivants.
Quelques heures plus tard, j’ai reçu un autre appel, de Joseph cette fois-ci, qui me demandait lui aussi d’aller prendre un café. Croyez-le ou non, ils s’étaient passé mon numéro de téléphone comme on s’échange celui d’un plombier! Joseph a même eu le culot de me dire : «Ça crevait les yeux hier que c’est moi qui t’intéressais»! Pas besoin de vous dire que j’ai refusé son invitation et que je lui ai dit ma façon de penser quant à sa technique de cruise plutôt douteuse.
L’histoire n’est pas terminée! Le soir même, j’ai reçu le message texte suivant : «Je passe la nuit chez toi si tu fais du bon café, deal?» Signé Joseph. Il n’avait vraiment rien compris! Devant le grotesque de la situation, je me suis dit que j’étais peut-être victime d’une plaisanterie, mais mes deux amies qui avaient eu «la chance» de rencontrer André et Joseph pourraient vous le confirmer : j’ai eu affaire à deux vrais imbéciles. Pardonnez-les, mon Dieu, car ils ne savent vraiment pas ce qu’ils font!
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