Au cas où
La semaine dernière, je suis devenue une vraie adulte! Non, je n’ai pas atteint l’âge vénérable de 30 ans – encore 15 mois de jeunesse devant moi! -, j’ai plutôt adhéré à un régime privé d’assurance vie et d’assurance invalidité.
Pourquoi? Parce que j’ai pris conscience dernièrement que j’étais travailleuse autonome et célibataire, et que si je me blessais gravement, je ne pourrais plus exercer mon métier et j’aurais de la difficulté à subvenir à mes besoins.
Dans l’adversité, ou pour poser une tablette, quand on est célibataire, il faut se débrouiller toute seule! Parlez-en à ma cousine, également travailleur autonome et célibataire, qui s’est endettée de plusieurs milliers de dollars après avoir contracté une maladie rare qui l’a clouée au lit et l’a
empêchée de travailler pendant plusieurs mois.
Vous vous dites sûrement que mes parents pourraient me soutenir financièrement pendant quelque temps, si, par malheur, je ne pouvais plus utiliser mes deux bras et deux jambes et que, par le fait même, je n’étais plus capable de payer mon loyer. Oui, mes parents m’aideraient sûrement, mais, malheureusement, ils ne sont pas éternels et ils aimeraient bien avoir des petits-enfants pour catiner plutôt que d’avoir encore à m’endosser. C’est donc pour prendre mes responsabilités et assurer mes arrières que j’ai pris un rendez-vous avec un conseiller en assurances la semaine dernière.
Je ne sais pas si vous avez déjà passé plus d’une heure avec un conseiller en assurances de personne, mais c’est assez traumatisant. Il ne parle que de décès accidentel, de préarrangements funéraires, d’accidents avec mutilations de membres et de maladies très graves. Selon lui, il serait probable que je meurs prochainement d’une horrible maladie et je devrais penser tout de suite à la façon dont on disposera de mon corps. Selon lui, une mutilation arrive plus souvent qu’on ne le pense et, le cas échéant, je devrais être heureuse d’apprendre que, si je me fais couper le bras ou la jambe je toucherai 250 000 $!
De plus, si par malheur vous répondez «célibataire» à la question sur votre état civil en discutant d’assurance invalidité, vous vous sentirez bien seule.
«Si vous êtes inapte au travail pendant quelques mois, comment ferez-vous pour payer SEULE vos factures?» m’a-t-il demandé en me regardant avec ses yeux de conseiller inquiets qui semblaient vouloir dire que j’étais vraiment imprudente d’être célibataire dans un monde aussi dangereux.
Finalement, après m’avoir montré toutes les épées de Damoclès qui pendaient au dessus de ma tête, mon conseiller m’a vendu une super police d’assurance vie et d’assurance invalidité.
Elle est tellement béton que je me suis même dit que je devrais peut-être m’en servir pour cruiser! «Belle brune, proportionnelle à sa taille, avec une sacrée paire d’assurances. À qui la chance?»
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.