Budget fédéral 2012: drill baby drill
Je ne me souviens plus très bien, mais je pense que c’est la septième, voire la huitième fois que je participe au huit-clos du budget fédéral. Depuis quelques années, je regarde ça et je me dis : « Bon, ça y est, on a touché le fond du baril »; simplement pour voir le fond du baril … disparaitre l’année suivante.
Le budget de jeudi est un peu différent dans la mesure où il s’agit du premier « vrai » budget des conservateurs. Entendez : c’est le budget d’un gouvernement majoritaire. Cela étant dit, je me demandais avant d’aller à Ottawa ce qu’ils pourraient faire qu’ils n’avaient pas déjà fait? Ils ont déjà aboli les programmes en efficacité énergétique et le soutien aux énergies renouvelables, ils ont coupé dans la science et l’éducation, sur les changements climatiques et l’environnement… Alors que reste-t-il?
Eh bien, il reste les lois et les règlements sur l’évaluation environnementale et le financement des groupes, notamment ceux avec un numéro de charité comme Équiterre ou encore la Fondation David Suzuki.
C’est donc à ces deux organismes que le gouvernement Harper s’attaque dans ce budget.
D’abord, le gouvernement Harper réduit la portée de l’évaluation environnementale des grands projets d’exploitation des ressources naturelles (mines, pipelines, sables bitumineux, etc). Le processus d’évaluation sera également raccourci. Bien entendu, Harper veut ainsi faciliter la vie au maximum des plus grands pollueurs au pays. En plus, il veut faire appliquer ces nouvelles règles de façon rétroactive. C’est notamment le cas pour le très controversé projet Gateway, qui permettrait d’acheminer des sables bitumineux de l’Alberta vers la côte ouest canadienne. On change les règles du jeu en plein milieu du parcours; je n’ai jamais rien vu de la sorte!
Le gouvernement Harper veut également permettre à l’Agence du revenu du Canada (ARC) de suspendre le statut d’organisme de charité à une organisation environnementale par exemple. Ce serait le cas si on estime qu’une organisation charitable fournit des renseignements « inexacts ou incomplets ». L’ARC devient juge et partie et les organismes de charité sont reconnus coupables avant même d’avoir été entendus… Pour la présomption d’innocence, on repassera!
Vous allez me dire : « Ouais, mais tu t‘attendais à quoi au juste?! » Et je vous répondrai que je ne m’attendais certainement pas à voir encore des pans de notre démocratie s’écrouler sous nos yeux!
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