Les Québécoises créent de la richesse

Jeudi dernier, les femmes de partout dans le monde ont marqué la Journée internationale de la femme. Le Québec n’a pas fait exception, et pour cause : il y avait de quoi célébrer!

En 1997, le gouvernement du Québec a mis sur pied un réseau universel de garderies. Les Québécois sont très attachés à ce réseau. Cependant, peu de gens savent que les garderies rapportent plus au gouvernement du Québec et à la société tout entière qu’elles ne coûtent! Voilà une très bonne nouvelle.

L’économiste Pierre Fortin, de l’Université du Québec à Montréal, avance les chiffres suivants : grâce aux garderies, beaucoup de femmes, soit 70 000, ont pu entrer sur le marché du travail. Auparavant, elles ne pouvaient pas quitter la maison parce que la société n’était pas organisée pour s’occuper des enfants pendant qu’elles seraient au travail. Donc, 70 000 nouvelles entrées sur le marché du travail! Cela a entraîné une injection supplémentaire de 5 G$ annuellement dans l’économie québécoise.

L’impôt sur le revenu de ces nouvelles travailleuses et les taxes sur leurs nouveaux achats ont rapporté au gouvernement 2,8 G$ supplémentaires. C’est déjà pas mal comme performance, mais le plus beau reste à venir.

Le système de garderies coûte 1,9 G$; il rapporte, 2,8 M$ dans les coffres du gouvernement. Il en résulte un gain net de 900 M$ pour le Québec tout entier. Le réseau de garderies n’est donc pas une dépense, mais un investissement, assez rentable merci!

Et ce n’est pas tout. Parce qu’elles ont eu accès au travail, le nombre de femmes chefs de famille en situation de pauvreté a reculé de 12 points. Une conclusion claire peut être tirée des informations qui précèdent : pour créer de la richesse aujourd’hui, il n’est pas absolument nécessaire de détruire la nature afin, disons, d’en exploiter les richesses. Au XXIe siècle, il existe des «investissements sociaux» qui peuvent prendre le relais. Et comme le montre l’exemple des garderies au Québec, ces investissements sont rentables. Ils nous permettent aussi d’éviter le faux choix entre économie et environnement.  

Suivez Steven Guilbeault sur Twitter au @s_guilbeault

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