Temps durs pour les sables bitumineux

La semaine dernière, la Commission européenne sur le climat a adopté une directive qui pourrait rendre très difficile l’exportation vers l’Europe du pétrole extrait des sables bitumineux de l’Alberta. Cette directive est maintenant acheminée aux parlements nationaux, qui doivent l’entériner.

Selon les observateurs, l’adoption de la directive par les divers pays de l’Union européenne ne fait pas de doute.

Après des années d’analyses, les Européens ont finalement conclu que l’extraction et la combustion du pétrole des sables bitumineux émettent beaucoup plus de CO2 que celles du pétrole traditionnel.

En fait, 23 % de plus! En outre, la Commission européenne du climat a décidé que ses fournisseurs en pétrole devront couper leurs émissions de GES de 6 % au cours des 10 prochaines années. Le message de la Commission européenne sur le climat est on ne peut plus clair. Le pétrole extrait des sables bitumineux peut avoir accès au (vaste) marché européen, mais à condition de couper immédiatement ses GES de 23 %, puis de les couper d’un autre 6 % d’ici 2022!

Cette semaine également, le Commissaire à l’environnement du Canada a accusé le gouvernement Harper de se traîner les pieds dans le dossier des sables bitumineux. Il a dit que le Canada ne pourrait vraisemblablement pas atteindre ses maigres objectifs de réduction de GES pour 2020!

De toute évidence, le gouvernement et l’industrie pétrolière canadienne ont mis plus d’ardeur à défendre l’indéfendable qu’à lutter de bonne foi contre le réchauffement climatique. Une publication européenne rapporte que les deux compères ont tenu 110 activités de lobby auprès des décideurs européens entre septembre 2009 et juillet 2011, soit plus d’un événement par semaine en moyenne!
 
La stratégie canadienne est très mal gérée depuis les tout débuts du gouvernement Harper. Résultat : une décision de George W. Bush a interdit le pétrole sale des sables bitumineux sur le marché public des États-Unis.

Le pétrole sale est également banni de tout le marché californien, qui compte 35 millions d’habitants. Maintenant, le marché européen (350 millions de consommateurs) risque de lui être fermé à tout jamais.

Comme quoi se traîner les pieds quand l’avenir de l’humanité est en jeu n’est jamais gagnant!

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.