L'opposition s'intensifie
Au moment où vous lirez ces lignes, je serai à Ottawa avec plusieurs centaines, voire quelques milliers de personnes; nous manifesterons notre opposition collective, et grandissante, à la politique du gouvernement Harper qui favorise systématiquement l’industrie des sables bitumineux. Cette action vise également un projet de méga oléoduc de 2 600 km poussé par la compagnie canadienne Trans Canada Pipeline; nommé Keystone XL, l’oléoduc transporterait le bitumen (pétrole brut non raffiné extrait des sables bitumineux de l’Alberta) jusqu’aux raffineries états-uniennes du golfe du Mexique.
En participant à la manif d’Ottawa, j’aurai l’honneur de me joindre à de nombreux représentants des Premières Nations, qui sont durement affectés parce que les rejets de l’industrie des sables bitumineux contaminent les eaux de la région où ils vivent. Je me joindrai également à de nombreux représentants de la société civile, comme ceux du Conseil des Canadiens (100 000 membres).
Récemment, l’opposition au projet d’oléoduc s’est intensifiée au pays. Jeudi dernier, le syndicat canadien qui représente les travailleurs des sables bitumineux a manifesté devant l’Assemblée législative de l’Alberta pour s’opposer à la construction de l’oléoduc en question. Mercredi, c’était le président du Nouveau Parti démocratique, Brian Topp, qui prenait position contre le projet. Selon lui, ce pipeline va favoriser l’émission de vastes quantités de CO2 dans l’atmosphère au moment même où il est urgent de les réduire.
Ces prises de position font suite à deux semaines de manifestations devant la Maison-Blanche, à Washington. Au cours des dernières semaines également, neuf prix Nobel de la paix ont écrit au président Obama pour lui demander de ne pas autoriser le projet de pipeline. Il s’agira probablement de la plus grande manifestation citoyenne contre ce «pétrole sale» de l’histoire du pays. Et je pense que ça ne fait que commencer.