L'économie de Harper
Vendredi, le gouvernement conservateur a été renversé pour cause d’outrage au Parlement et d’atteinte à la démocratie. Une première dans l’histoire du Canada! Devant ce gâchis, le premier ministre Stephen Harper a tenté de masquer ses magouilles en mettant de l’avant l’argument économique. Selon lui, en renversant son gouvernement, les partis d’opposition allaient nuire à la reprise économique.
Contrairement à ce que prétend M. Harper, une société ne repose pas uniquement sur l’économie. Il y aussi la culture, l’environnement, la justice, l’équité, l’éducation et tant d’autres valeurs et sphères auxquelles la population tient. Mais soyons bon joueur et acceptons un moment de parler d’économie. La question qui se pose alors est de savoir quelle économie…
Malgré le credo des conservateurs, il y a bel et bien une économie qui n’est pas basée sur l’exploitation des richesses naturelles et la destruction de l’environnement. L’exemple presque parfait est celui de la compagnie Bathium, de Boucherville. Celle-ci investira 176 M$ dans une usine de fabrication de piles au lithium polymère pour les automobiles électriques, une industrie en pleine émergence. Cet investissement permettra la création de 245 emplois, en plus de consolider les 70 emplois déjà existants. Le gouvernement du Québec a épaulé Bathium en lui octroyant une subvention de 16 M$.
L’autre exemple éloquent est celui du pont Champlain. Il y a quelques jours, TOUS les maires de la Communauté métropolitaine de Montréal ont réclamé la construction d’un nouvel ouvrage pour remplacer l’actuel pont. Les maires exigent que le nouveau pont soit conçu pour mieux desservir le transport collectif. Ce dossier est en fait celui d’une mobilité plus durable, c’est-à-dire d’une économie qui, en plus d’assurer la mobilité des gens et des marchandises, minimise les émissions de GES.
La stratégie économique des conservateurs a déjà coûté cher au Québec. C’est que le pétrole, le gaz et autres richesses naturelles ont poussé le dollar canadien à la hausse. Conséquence : les exportations du Québec sont moins compétitives. Un groupe d’économistes évalue à 55 000 le nombre d’emplois perdus à cause de cette politique. La campagne électorale durera jusqu’au 2 mai, alors je suivrai ça de près.