Les fréquentations douteuses de Jean Charest
Au cours du congrès annuel de la Chambre de commerce du Canada, qui se tient jusqu’au 28 septembre, le premier ministre Jean Charest participera aux côtés de son homologue albertain, Ed Stelmach, à un panel portant le titre De l’énergie pour la prospérité canadienne : le travail d’équipe engendre le succès. On ne voit pas très bien comment M. Charest pourrait travailler en équipe avec M. Stelmach. Ce dernier est un grand défenseur des sables bitumineux et consacre beaucoup d’énergie à nier ou à minimiser les impacts environnementaux catastrophiques du pétrole le plus sale au monde.
Bien entendu, il n’est pas question ici de faire un procès d’intention à Jean Charest. Après tout, on ne sait pas quelle position il va y défendre. Et, dans le passé, le même homme a su se tenir debout face aux ambassadeurs des grandes pétrolières. On n’a qu’à se souvenir des prises de position de notre premier ministre à Copenhague, où il a tenu tête au gouvernement canadien sur la question de la réduction des GES.
Mais, récemment, le gouvernement de M. Charest a lancé quelques signaux pour le moins ambigus. Il y a quelques mois, il a offert son appui à une délégation québécoise qui se rendait en Alberta pour explorer d’éventuelles collaborations avec l’industrie des sables bitumineux. Et comme tout le monde le sait, son gouvernement a fait une profession de foi en faveur de l’industrie des gaz de schiste, avant même d’en connaître les impacts environnementaux et climatiques.
Tout cela arrive au moment même où les patrons de la raffinerie Petro-Canada à Montréal mettent cartes sur table. Pour survivre, la raffinerie de Montréal-Est devra s’approvisionner à même le pétrole extrait des sables bitumineux! C’est là presque un ultimatum de la part de Suncor, propriétaire depuis peu de Petro-Canada. Suncor est un joueur majeur dans les sables
bitumineux.
Si son intention est de vraiment défendre les intérêts du Québec au cours de ce panel, M. Charest devrait marteler que la réduction de la dépendance au pétrole est essentielle pour l’avenir du Québec, notamment pour notre avenir économique, puisque nos importations de pétrole «saignent» l’économie québécoise de quelques 10 G$ par année.