«Faites ce que je dis, pas ce que je fais…»

Steven Guilbeault est à Toronto à l’occasion du G20. Il nous présente
chaque jour ses réflexions.

Aux sommets du G8 et du G20 tenus la semaine dernière, le premier ministre Stephen Harper a invité les puissances économiques à réduire leurs déficits respectifs, alors que lui-même se lance dans une orgie de dépenses sécuritaires! Un milliard de dollars pour le gâchis policier et l’atteinte aux droits démocratiques dont on a été témoins! Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré que son pays dépensera 10 fois moins pour les mêmes rencontres en 2011.

On l’a bien vu, les participants aux sommets ont pris l’appel à la réduction des déficits avec un grain de sel. D’une part, il est vrai qu’on ne peut s’endetter indéfiniment. D’autre part, à l’exception de M. Harper, les dirigeants mondiaux ont fait valoir qu’il fallait prendre garde que la réduction des dépenses publiques ne provoque un cafouillage de la relance.

Ce genre de nuances ne convient sans doute pas à notre premier ministre, décrit comme un idéologue. Voyez par vous-mêmes : M. Harper invite les puissances économiques mondiales à réduire leurs dépenses et leur endettement et, au même moment, il s’oppose à l’imposition d’une taxe aux banques. Pourtant, c’est pour sauver les banques de la tourmente que les pouvoirs publics ont dû emprunter des milliards de dollars en 2008, en plein cour de la crise financière! Dans beaucoup de pays développés, ces emprunts ont contribué fortement à l’endettement public.

Cette prise de position contradictoire de la part de notre premier ministre est typique. La position idéologique de Harper (réduire l’importance de l’État) influe sur toutes ses décisions. C’est ce qui s’est passé également dans le dossier de la santé maternelle. M. Harper a commencé par la position idéologique : non au droit à l’avortement dans les pays en développement. Pourtant, des dizaines de milliers de femmes y meurent chaque année à la suite d’avortements «maison».

Ensuite, il va chercher un piteux 5 G$ sur cinq ans pour la santé maternelle. Les experts en la matière estiment à 30 G$ les montants nécessaires. Si j’étais une femme, je crierais de rage. Je ne le suis pas, mais en tant que citoyen et contribuable, je bous!

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