Les conservateurs et la science du climat
Un tout nouveau rapport du Réseau action climat Canada dévoile une série de gestes troubles posés par le gouvernement de Stephen Harper; ces initiatives semblent avoir pour but, entre autres, d’affaiblir la capacité de recherche de ceux et celles qui ouvrent dans le domaine de la science des changements climatiques au Canada.
Le plus spectaculaire de ces gestes est sans doute le non-renouvellement des fonds consacrés à la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA); pour la Fondation, cela équivaut à un arrêt de mort.
Ici même à Montréal, si le cours des choses n’est pas renversé, on assistera à la disparition du Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale de l’UQAM; le Centre est directement dépendant des fonds de la FCSA. Pourtant, le Centre avait consacré les deux dernières décennies à développer une expertise de réputation internationale.
À la mode conservatrice
Les coupures de fonds «à la mode conservatrice» prennent également un autre visage. Depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, les conservateurs ont nommé trois «sceptiques climatiques» au conseil d’organismes qui allouent des fonds à la recherche scientifique. (On appelle «sceptiques climatiques» ceux qui remettent en cause la réalité des changements climatiques.) Du point de vue de la science des changements climatiques, ces nominations sont l’équivalent de confier la garde du poulailler à une bande de renards!
Non pas que je prône la pensée unique dans le monde de la science, au contraire. Il peut et il doit y avoir une diversité de vues, en particulier quand il s’agit d’une problématique aussi complexe. Cependant, il faut se garder d’être naïf dans ce dossier : ce dont il s’agit ici, c’est de nommer des gens s’opposant aux grands consensus scientifiques qui affirment la réalité,
la vitesse et la gravité des changements climatiques, en plus d’en attribuer la responsabilité principale à l’activité humaine.
Pour contrer cette offensive antiscience, je vous invite à signer ainsi qu’à faire circuler la pétition Le climat importe lancée par une vingtaine d’étudiants.