Transport en commun: Une rare unanimité
Au début de février, les maires de Montréal et des banlieues ont conclu une entente qualifiée d’historique. Ils ont demandé à Québec d’augmenter de deux cents la taxe d’accise sur l’essence. Cette mesure pourrait générer des revenus estimés à 55 millions par année. Juste ce qu’il faut pour rétablir l’équilibre dans les finances des sociétés de transport en commun et permettre d’offrir de nouveaux services.
Ce n’est pas tous les jours que TOUS les maires de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), autrement dit du Grand Montréal, parlent d’une même voix. Et qu’ils le fassent à propos du transportsen commun, un secteur clé dans la lutte contre les émissions de GES, me réjouit encore davantage. En effet, dans la grande région de Montréal, le transport comptent pour comptent pour au moins 50 % des émissions totales de GES.
C’est ce qui a fait dire au premier ministre Charest, de passage à Copenhague en décembre 2009, que le secteur des transports devait en faire plus pour que le Québec atteigne son objectif de – 20 % en 2020. Dans son budget 2010, la Ville de Montréal injecte à elle seule environ 450 M$ dans les transports en commun : un beau + 16,7 % par rapport à 2009. Une bonne partie de cet argent ira à la modernisation du réseau, notamment à celle des voitures du métro. Le but est de faire augmenter de 8 % l’achalandage du métro et des autobus.
De son côté, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) – trains de banlieue – va hausser sa contribution aux transports en commun de 11,4 % par rapport à l’an dernier. Il faut voir que l’investissement dans le transport en commun constitue un puissant levier de développement économique.
Dans son rapport annuel, par exemple, la STM souligne qu’elle a acheté pour 249 M$ de biens et services au Québec. Elle s’est approvisionnée auprès des entreprises québécoises dans une proportion de 55,9 % en 2008, par rapport à 44,8 % en 2007. Autrement dit, les investissements dans le transport en commun profitent beaucoup plus à l’économie québécoise que l’achat de véhicules automobiles fonctionnant au pétrole, qui sont importés de l’extérieur du Québec.