Chemin divin

Photo: Pierre Brassard/www.pierrrebrassard.com

Chicago, ligne rouge. C’est dimanche, il est 13 h 30.

Malgré les parterres de tuli­pes écloses et les feuilles déployées dans les arbres, Chicago, cha­touil­lé par des bourrasques fraî­ches, attend lui aussi le printemps.

Les grappes d’immeubles grattent un ciel couvert pour y trouver peut-être, dans un coin, quelque part, un bout de soleil. C’est dans ce décor tout de même grandiose, à l’architecture époustouflante, que le métro fend la ville sur ses rails sinueux et en partie extérieurs.

M… et moi voulions ardemment, ce matin-là, entendre de la musique. Plus précisément du gospel dans une chapelle pittoresque. En amoureux de la musique que nous sommes, c’est quelque chose que nous devions à l’inspirante population afro-américaine d’un des plus importants berceaux du jazz et du blues.

Nous avons cherché, sans trouver. Nous nous sommes même un peu égarés au fil du labyrinthe ferré, pour nous retrouver à proximité du quartier… chinois.

Et c’est à cet endroit, contre toute attente, que nous avons eu notre concert gospel. En fait, c’est plutôt le récital d’un soliste assez original, qui s’accompagnait lui-même en sautillant sur une pièce de fonte chambranlante, qui nous a été offert.

C’est d’abord la rythmique d’une cadence rapide et étrange qui attire notre attention. Puis, en sourdine, une voix se glisse à travers les «clang, clang, clang» de la plaque qui claque. Une voix qui appelle «God» de tout son cœur et qui demande le chemin à emprunter pour trouver la bonne voie, ou quelque chose comme ça.

Les paumes tournées vers le paradis céleste, le soliste déclame des psaumes inventés qui résonnent dans l’âme de celui qui écoute. Il s’arrête quelques secondes pour reprendre son souffle, puis recommence de plus belle sa danse de Saint-Guy à saveur soul.

Alors que lui cherche la voie divine, nous réalisons que ce que nous espérions de notre côté ne se trouvait pas sur la route que nous avions imaginée et que, encore une fois, les chemins les plus intéressants sont bien souvent ceux qu’indique le hasard.

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