Toute vérité est bonne à rire

«Est-ce qu’on peut rire de tout?» La question. La fameuse question qu’on pose toujours aux humoristes. Soyez honnêtes. Vous avez déjà ri malgré le «malaise» potentiel de l’événement ou du sujet. Une personne qui tombe sur la glace, jambes en l’air. Drôle! Jean-Marc Parent qui imite un paraplégique. Très drôle!

La réponse populaire à ladite question est souvent : «Oui, ça dépend comment.» J’ajouterais, ça dépend pourquoi. Si on sent que la blague est faite pour choquer, ou surtout pour blesser, ça ne marche pas. Si on avait senti chez Jean-Marc Parent une once de mesquinerie, son sketch n’aurait jamais passé. Que la blague soit faite avec la finesse d’un Sol, ou le cru d’un Ward, si l’intention est mauvaise, il y aura un frette certain.

Mais si l’intention est de désamorcer, dédramatiser, humaniser, tourner la page, avancer, là le rire risque d’être au rendez-vous.

Donc, c’est pas tant le comment, mais le pourquoi on rit. Si le pourquoi est noble, le rire le sera aussi. Bon, après, y’a le manque de profondeur chez certaines personnes qui ne voient jamais l’intention. Yvon Deschamps, Jean-François Mercier ont souvent fait les frais du «premier degré» de leurs blagues. Rendu là, c’est plus la faute du récepteur que de l’émetteur, on est d’accord.

Parenthèse utile. Les racistes, homophobes, misogynes, capitalistes, prétentieux et poseurs font rarement de l’humour «profond». Ils voudront à tout prix camoufler leur penchant peu populaire. Ils vont plutôt jouer la carte du sympathique. Tandis que ceux qui sont sympathiques pour vrai, humains et humbles, n’ont rien à prouver. Ils sont sympathiques, point. Alors, ils prennent des risques, se montrent antipathiques pour le bien du message, de la blague. Méfiez-vous des trop gentils, pas des baveux. Fin de la parenthèse.

Que ce soit un groupe religieux x, des mœurs y, une tragédie j. (J’ai décidé que le j aussi avait le droit de vouloir dire tout et rien. Faut arrêter le monopole du x et du y.) Bref, quel que soit le sujet «chaud», pourquoi on en rit libère le rire.

Faut rire. C’est beau, rire. Le rire, a cette particularité de désamorcer, de dédramatiser, de faire évoluer. Parfois, rire c’est dire : « C’est correct, c’est pas la fin du monde. C’est du passé. Life goes on. On mange-tu des fraises?» Comme m’a dit un jour mon cher oncle : «Le rire est le remède à tous les maux/mots.» Alors, rions. 

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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