La saga Maxime Bernier: au-delà de la fiction
Il arrive parfois que la réalité rejoigne la fiction. C’est arrivé cette semaine. L’histoire de Maxime Bernier possède tous les ingrédients nécessaires pour faire un succès au box-office.
Le pouvoir, la séduction, le crime organisé qui s’entremêlent dans une intrigue qui commence avec une robe un peu trop voyante et se termine avec un document oublié, jumelé à une démission.
Pour trouver des précédents, il faut retourner à la fin des années 1960. À part cet épisode, les médias d’ici avaient toujours respecté la vie privée des élus. Cette fois, la tentation était trop grande. Le passé trouble de la petite amie du ministre permettait d’évoquer un risque pour la sécurité nationale. Sans compter que le ministre lui-même avait manqué de jugement à répétition. Le scénario était trop bon. Malgré la démission de Maxime Bernier, l’opposition aux Communes ne veut pas lâcher l’os.
L’occasion d’associer le manque de jugement d’un individu au chef du gouvernement est trop belle. On demande donc une enquête policière et une enquête parlementaire. De quoi donner une suite à ce film déjà vu. Voilà de la politique spectacle à son meilleur : le ministre, la petite amie, l’entourage défilant devant une meute d’élus posant des questions plus ou moins organisées. L’enquête Mulroney-Schreiber a bien démontré que cette approche ne donnait pas toujours
de résultats concrets.
Si l’on souhaite vraiment tirer profit de cet épisode, il faudrait proposer que les mesures de sécurité se resserrent et se systématisent. Ce que cette saga nous a appris, c’est qu’il n’y avait pas d’enquêtes sur l’entourage des ministres et que le contrôle des documents était déficient. Il est essentiel d’appliquer les procédures et d’ajouter des mesures si nécessaire. Ainsi, la population pourra être rassurée, et la vie privée des élus pourra rester privée.
Pour le reste, encore une fois, une robe aura contribué à la chute d’un homme politique. Cette histoire nous en rappelle une autre, survenue au sud de la frontière. C’est d’ailleurs ce qui est désolant. Une fois la poussière retombée, que restera-t-il de toute cette aventure à saveur américaine?