Le monde à l'envers

C’est le monde à l’envers. Le fédéral ouvre la porte, et le gouvernement du Québec doute. Est-ce possible? Il semble bien que oui. Le Québec, qui a toujours clamé haut et fort vouloir être reconnu avec ses spécificités, met en doute les signes d’ouverture qui arrivent d’Ottawa. À Québec, on dit qu’il faut faire des nuances…

Un ténor du gouvernement Harper, le ministre Blackburn, a laissé entendre qu’un gouvernement conservateur majoritaire pourrait entamer une ronde de négociations constitutionnelles afin d’y enchâsser la reconnaissance de la nation québécoise. Peut-être était-ce une initiative personnelle? Ce n’est pourtant pas la première fois que le sujet est évoqué. Lors de ses entrevues de fin d’année, le premier ministre Harper avait fait des affirmations dans le même sens. Il avait dit vouloir définir un pays où les Québécois se sentiraient à l’aise et ouvrir la constitution quand le terrain sera fertile.

Jean Charest a dit ne pas avoir reçu de proposition concrète. Toutefois, avant qu’une proposition concrète soit sur la table, il faut à tout le moins avoir un interlocuteur qui a envie de l’écouter. Au contraire, le premier ministre du Québec a dit vouloir d’autres gestes avant d’envisager à des négociations constitutionnelles.

Il est vrai que le gouvernement Harper pourrait démontrer sa volonté d’autres manières. L’encadrement du pouvoir de dépenser du fédéral demeure entier. Cela n’est toutefois pas une raison pour ne pas saisir la balle au bond. S’il y a de l’ouverture dans une déclaration du fédéral, on peut à tout le moins s’en réjouir et dire que si le téléphone sonne, on prendra l’appel.

D’autres projets de changements constitutionnels ont pris racine à partir de déclarations qui se sont traduites par des engagements électoraux. Ces déclarations avaient sûrement eu plus d’écho que celle-ci. Pourtant, l’Assemblée nationale n’a jamais été aussi prête.

Même Pauline Marois a dit être ouverte à discuter d’un fédéralisme renouvelé, ce n’est pas peu dire.

Aucun premier ministre du Québec passé n’en reviendrait. Historiquement, le Québec a toujours demandé et saisi toutes les occasions d’accroître les pouvoirs et la reconnaissance du Québec. C’est le monde à l’envers. On dirait que Jean Charest pense qu’il est encore à Ottawa.

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