Partie remise
Une autre session parlementaire se termine, et toujours pas de commission d’enquête sur la construction et le financement des partis politiques à l’horizon.
Les derniers mois n’auront pas été de tout repos pour le gouvernement Charest. À l’approche des vacances, peu de ministres peuvent prétendre avoir été épargnés par la vague négative qui a déferlé. Il ne s’est pas passé une journée sans que de nouvelles allégations viennent s’ajouter à une liste déjà longue.
Chose certaine, Jean Charest doit regarder le décompte de la fin de session parlementaire avec soulagement. L’arrivée de l’été ne pourra qu’être salvatrice pour le climat à l’Assemblée nationale. On pourra aérer la place et les esprits, ce qui devrait faire du bien à tout le monde, les citoyens y compris. Toutefois, il ne faut pas penser que la pression sera moins forte au retour en septembre. Il serait illusoire de croire que l’adoption du code d’éthique et la tenue des audiences de la commission Bastarache mettront le couvert sur la volonté de faire la lumière sur l’ensemble des problèmes.
Les dossiers sectoriels s’accumulent également. Il n’y a pas moins d’attente dans les hôpitaux. La ministre Courchesne a cafouillé dans le dossier du calendrier scolaire, tout comme la ministre Weil en ce qui concerne la nomination des juges. Sans oublier les négociations dans le secteur public. Plusieurs dossiers sont également revenus hanter le gouvernement : des ratés quant au processus d’adoption pour Haïti, l’échangeur Turcot, les passerelles linguistiques, Oka et BCIA, pour ne nommer que ceux-là.
Du côté de l’opposition, Nicolas Girard est sûrement la première étoile de cette saison parlementaire. Sa persévérance lui aura permis d’obtenir la démission du ministre Tony Tomassi. Plus important encore, son travail et son acharnement auront fait en sorte que le processus d’attribution des places en garderie soit revu.
Amir Khadir a bien tiré son épingle du jeu. Sans compter de coups de circuit, il a su maintenir une présence soutenue dans les médias, ce qui est tout un défi pour un homme seul au parlement. Pour l’ADQ, cette session n’aura pas été celle de la réconciliation. Marc Picard et Éric Caire auront décidé de rester sur la touche. Le nouveau chef, Gérard Deltell, a donc eu fort à faire.
Le gouvernement termine sa session avec un premier ministre affaibli, un ministre en moins et plusieurs dossiers en suspens. Cela me fait dire que ce n’est que partie remise pour l’opposition.