L'attrait du pouvoir

Si la tendance se maintient, le peuple québécois retournera aux urnes le 8 décembre. Jean Charest a décidé que le Parlement ne fonctionnait plus. Ironiquement, il y a à peine quinze jours, il déclarait une tout autre chose. De fait, le 15 octobre dernier, il disait vouloir mettre l’économie au centre des priorités. Au lendemain d’une élection fédérale, il fallait selon lui demeurer concentré sur cet enjeu de taille.

Rien, outre l’attrait du pouvoir, n’explique la motivation des libéraux. Avec une motion sur l’économie, adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, on pouvait croire que nos élus étaient sur la bonne voie. Cette proposition en cinq points, appuyée par le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec, nous donnait de l’espoir. Il était possible de serrer les rangs pour, si ce n’est protéger, à tout le moins préparer le Québec aux effets de la crise.

La mission en Chine à laquelle devait participer le premier ministre représentait une bien meilleure solution que celle de déclencher des élections. Quand les exportations d’une nation dépendent à plus de 75 % d’un partenaire comme les États-Unis, on peut croire que la diversification des relations semble une bonne idée. Sans être la solution à tous les maux, le marché en émergence de la Chine aurait pu être une piste à explorer. Chose certaine, les gens d’affaires du Québec auraient préféré voir Jean Charest et son ministre du Développement économique, Raymond Bachand, à leurs côtés plutôt que dans un autobus à sillonner le Québec.

Cela étant dit, peu importe ce qu’en pensent les Québécois, Jean Charest est décidé. Celui qui, au lendemain de l’élection de 2007, avait promis d’écouter, dit aujourd’hui posséder la vérité. Il sait ce qu’il faut faire, mais a besoin d’un mandat fort pour le faire. Cette arrogance, qu’on lui avait connue au cours de  son premier mandat, refait maintenant surface.

On peut s’enfermer dans le cynisme ou encore signifier que l’arrogance n’a pas sa place en politique. Les Québécois risquent de faire payer un prix politique à Jean Charest pour cette extravagance de plus de 80 M$. Trentre-trois jours de campagne c’est long, très long. En ces temps de crise, un premier ministre responsable gouvernerait plutôt que de conduire un autobus de campagne.

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