Montréal en transformation

Photo: Yves Provencher/Métro

Deux annonces gouvernementales faites au cours de la dernière semaine vont avoir des impacts importants sur la population de l’île, mais également sur celle de l’ensemble du grand Montréal. Il s’agit de la disparition de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) et de la collecte obligatoire des matières organiques d’ici 2019.

Je reviendrai sur le compostage la semaine prochaine. Parlons d’abord de l’abolition de l’AMT. Il faut dire que cette nouvelle n’a surpris à peu près personne tant les rumeurs couraient depuis longtemps.

Au-delà de certains ratés, le «kilomètre manquant du métro de Laval», les dépassements majeurs de coûts du Train de l’Est ou encore les révélations de la commission Charbonneau, les plus grands problèmes de l’AMT étaient structurels. En fait, l’Agence a été conçue au départ pour être le «bras montréalais» du ministère des Transports, au grand dam des élus municipaux du grand Montréal. Cette expérience n’a pas été concluante, de toute évidence.

Deux nouvelles entités seront donc créées, soit le Réseau des transports métropolitains (RTM), qui regroupera plusieurs sociétés de transport des banlieues de Montréal et s’occupera de la gestion du transport interurbain (trains de banlieue, express et autobus), et l’Agence régionale de transport (ART), qui s’occupera de la planification. Six sièges au conseil d’administration de l’ART seront occupés par des représentants de la Communauté métropolitaine de Montréal et six autres par des experts, en plus du PDG.

En plus de la disparition de l’AMT, ce sont aussi les petites agences de transport régional qui disparaîtront. Combien de fois a-t-on entendu le ministre Poëti dire qu’il faut simplifier la situation du transport en commun dans la région montréalaise; une quinzaine de sociétés de transport, plus de 500 titres de transport différents, aucun guichet unique… Difficile d’être en désaccord avec lui!

L’AMT a souvent été victime des décisions prises à Québec par des personnes qui connaissent mal la réalité montréalaise, sans compter les décisions motivées purement par des motifs électoraux. En cédant les rênes du pouvoir aux élus de la région, Québec veut mettre fin à cet état de fait, et on ne peut que s’en réjouir.

Deux importants défis demeurent toutefois; les sociétés de transport telles que la STM, la STL et la RTL sont reléguées à des rôles d’exécutants, et le développement du réseau sera maintenant confié à l’ART, ce qui risque de faire des remous.
De plus, l’enjeu de la gouvernance demeure entier, dans la mesure où les élus municipaux de la région ont toujours eu de la difficulté en s’entendre sur beaucoup d’enjeux. Ce sont maintenant eux qui devront faire les arbitrages nécessaires pour le bien du transport collectif de la région. Grosse commande!

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