Visa Parviainen, l'homme-fusée
Est-ce un avion, un oiseau? Non! C’est l’homme-fusée! Tout le monde rêve de voler comme un oiseau. Un intrépide Finlandais le fait vraiment. Métro a rencontré Visa Parviainen, l’inventeur de la combinaison volante à réaction.
«Comme toutes les bonnes idées, celle-ci est sortie d’une bouteille de vodka.» C’est ainsi que Visa Parviainen décrit le processus qui a mené à son concept unique de sport extrême – une combinaison volante à réaction. L’inventeur de ce sport, «un mélange de vol en parachute et de saut en tyrolienne», explique à Métro, dans une entrevue exclusive, comment voler comme Icare sans finir par s’écraser.
Comment avez-vous eu l’idée de créer une combinaison volante à réaction?
Je suis un fanatique de parachutisme – j’ai réalisé plus de 2 300 sauts ces dernières années. En 2003 seulement, j’ai effectué 300 sauts, ce qui est le minimum si vous voulez essayer la combinaison volante, qui imite le vol des oiseaux. Il y a plusieurs années, j’ai lu un article sur les moteurs à hydrogène. Un jour, j’ai pris une brosse avec des pilotes de montgolfière et nous avons décidé d’unir nos forces.
Comment votre combinaison fonctionne-t-elle?
Les moteurs que nous utilisons permettent de faire décoller n’importe quel objet de moins de 80 kg du sol. Originalement, ils ont été conçus pour faire voler des maquettes d’avions. Ce sont de véritables moteurs à réaction – l’air ne passe pas simplement au travers, mais entre dans la chambre de combustion.
Comment les moteurs sont-ils attachés à la combinaison?
Je les ai attachés à une paire de bottines de hockey. Chaque chaussure pèse 5,5 kg avec le moteur, les crochets, les batteries, l’unité de contrôle et la pompe à essence. Le système possède une unité de contrôle électronique et un démarreur électrique.
Comment c’est en vol?
Au début, tout ce que je me disais, c’est que personne n’avait fait ça avant moi. La première fois que j’ai sauté de la montgolfière avec ma combinaison, j’étais terrorisé. Malgré le fait que j’étais relié par un fil d’acier au ballon, j’étais dans un état de panique avancé! Après 120 sauts dans ma combinaison volante, je suis maintenant habitué. Mais chaque fois que je me prépare à sauter, je me retrouve dans un état d’excitation qui me saisit tout le corps.
C’est dangereux quand même…
C’est plus dangereux que ça en a l’air. Comme pour un avion, le plus dangereux, c’est le décollage et l’atterrissage. Mais pour moi, le plus gros risque est de prendre feu. Par exemple, je dois éteindre les moteurs avant de pouvoir ouvrir mon parachute. Et ce qui est encore plus dangereux, c’est que je peux être pris dans ma propre chute, tomber en vrille et perdre le contrôle.
Comment votre famille et vos amis considèrent-ils votre passion?
En fait, ils m’ont apporté beaucoup de soutien et ont consacré beaucoup de temps à m’aider. Honnêtement, je n’aurais jamais réussi seul. Et, bien sûr, ils s’inquiètent beaucoup. Cependant, je dois ajouter que mes vols sont moins dangereux que le Base Jumping [saut libre en parachute depuis un promontoire ou un immeuble].
Qui finance votre projet?
J’ai des accords avec deux compagnies, mais j’ai financé le projet de ma poche. Quand vous avez des commanditaires, vous devez obtenir des résultats dans un temps donné. Nous voulions nous concentrer sur l’essentiel et rendre le système viable et performant. Je crois que nous avons atteint un point où nous sommes capables de donner en retour à nos commanditaires éventuels. Je suis ouvert à toutes les propositions.
Quel est votre objectif ultime?
Tout le monde rêve de voler quand il est petit, d’être capable de toucher le ciel juste avec son corps. C’est maintenant possible! Il n’y pas de sentiment plus fort que ça dans la vie.