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On s'en souvient!

Le 18 novembre 2009, un document com­portant plus de 5 000 si-gnatu­res a été remis au ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale de l’époque, demandant l’abolition des divisions entre les «aptes» et les «inaptes» à l’aide sociale. Plus de 5 000 Québécois réclamant un seul et même revenu pour tous, équivalent à la prestation actuelle des personnes ayant des contrain­tes sévères à l’emploi, soit 873 $ par mois. Plusieurs milliers de personnes qui deman­daient au gouver-nement du Québec d’être cohérent avec son analyse des besoins de base cou­verts par cette prestation de 873 $ et de l’offrir à l’ensemble des prestataires de l’aide sociale, qui méritent tous d’avoir droit à une prestation couvrant au minimum les besoins vitaux, ce qui n’est pas le cas avec une prestation de 574 $.

En juin dernier, le verdict tombe : non, cette mesure coûterait trop cher à l’État. La ministre a décidé, à ce moment-là, d’abandonner les person­nes les plus pauvres de notre société en raison de calculs économiques. Or, le Conseil national du bien-être social, le 28 septembre dernier, a contredit son avis : combattre la pauvreté n’est pas une dépense, mais un «investissement» comme société.

Son rapport Le sens des sous pour résoudre la pauvreté donne nombre d’exemples d’avantages à mettre en place et leurs conséquences positives sur l’économie. Des gens qui parlent le même langage économique que le ministère en arrivent à d’autres conclusions : éradiquer la pauvreté, à long terme, coûterait beaucoup moins cher à l’État.

Deux ans après le dépôt de cette pétition et à la suite de ce rapport paru en septembre, les arguments économiques ne tiennent plus la route. Les person­nes assistées sociales se souviennent du 18 novem­bre 2009 et ne l’oublieront pas de si tôt.     

– Marie-Ève Duchesne, Porte-parole pour le Front commun des personnes assistées sociales du Québec

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