Lettre d'une étudiante
N’importe quelle société est censée respecter les droits humains fondamentaux. Un de ces droits est celui à la santé, c’est pourquoi nous avons accès à un système de santé universel au Québec. Autre droit de l’humain : celui à la justice. Voilà d’où nous viennent les procès qui servent à juger des cas d’injustice. Ces temps-ci, le gouvernement Charest se plaît à jouer avec un des droits humains fondamentaux : celui à la liberté. On sait qu’à la base, un être libre est quelqu’un qui pense par lui-même et agit de sa pleine volonté. En raisonnant, on peut se détacher de nos réflexes de pensée et fonder nos propres opinions : c’est ce qu’on appelle avoir une pensée critique. Or, quelle est l’unique façon de développer une réflexion critique? L’éducation. Puisqu’il est impossible d’être libre sans elle, l’éducation est donc un droit. L’ignorance nous condamne à rester prisonniers de nos automatismes acquis, à être influençables et naïfs. Une société sans éducation est stagnante, relève du Moyen-Âge et ouvre la porte aux pires dictateurs.
Pourquoi faut-il appuyer les étudiants en grève générale illimitée, ceux qui luttent tant bien que mal contre la hausse des droits de scolarité? Pourquoi soutenir le mouvement? Parce que, comme moi, vous savez que l’éducation est un droit et pas un privilège. De plus, comment être sûrs que l’argent recueilli par le gouvernement si la hausse se produit ira réellement à l’amélioration du système d’éducation? Avez-vous remarqué que nous payons de plus en plus de taxes, alors que les services ne s’améliorent pas vraiment? Une chose est évidente, ce ne sont pas les étudiants qui doivent être pénalisés pour la gestion boiteuse des fonds publics.
Il faut envoyer un message clair à nos dirigeants : l’éduÂcation n’est pas une marchandise qui doit se soumettre aux lois de l’économie. Je me demande à quel point on peut être déconnecté des valeurs essentielles pour faire payer ainsi les gens qui veulent apprendre à penser. Nous avons droit à la connaissance et à juger des choses par nous-mêmes, c’est la liberté du Québec de demain qui en dépend. Nous serons ainsi des citoyens avertis qui voteront de façon lucide et pour un parti qui respecte son peuple.
– Amanda L. Darveau Étudiante au niveau collégial