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Lettre à Jean Charest

Monsieur le premier ministre,

Je suis inquiet de la situation d’endettement de l’État québécois. Je sais que le sujet n’est pas très populaire, mais il m’apparaît fort important. Avec une dette d’environ 122 G$ et un déficit qui devrait atteindre de 5 G$ à 6 G$ pour le présent exercice financier, selon plusieurs spécialistes, nous n’avons plus le choix d’agir.

Le grand problème qui nous paralyse est celui des intérêts à payer sur la dette.

Nos ancêtres disaient avec intelligence : «Qui paie ses dettes s’enrichit.» Ils avaient raison! Pour reprendre les propos de Jacques Ménard, président du conseil d’administration de BMO Nesbitt Burns et président de BMO Groupe financier, Québec : «Les dettes, c’est comme du carbone dans le moteur. Ça prend de plus en plus d’essence pour avancer de moins en moins rapidement. On ne va pas loin avec ça…» (Si on s’y mettait, Éditions Transcontinental, 2008, p.137).

Les intérêts à payer sur notre dette collective nous amènent à avoir de moins en moins de souplesse pour agir.

Bien entendu, avant de se lancer dans des hausses de taxes et de tarifs, votre administration doit commencer par regarder de quelle manière mieux contrôler les dépenses de l’État et se serrer la ceinture.

Cependant, même si vous avez mis publiquement un gros bémol sur les propositions de votre formation politique, à son congrès de septembre, il faut tout de même saluer la série de propositions pour renflouer les coffres de l’État : rétablissement du péage sur les autoroutes, impositions de droits de scolarité au collégial, hausse des tarifs d’Hydro-Québec et nouvelle taxe sur l’alcool et l’eau embouteillée. Ces mesures devront, tôt ou tard, être mises de l’avant.

Monsieur le premier ministre, je vous prie d’agir rapidement afin d’éviter de faire entrer le Québec dans une période de grande noirceur.

Benoit Voyer

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