En hiver, l'erreur est souvent mortelle!

Alan Mc Lean/Biodôme de Montréal

En hiver, chaque espèce doit s’adapter et, pour le faire, tous les moyens sont bons. Sinon… Pour survivre, certains animaux vont migrer vers des pays plus chauds. D’autres hibernent dans un abri souterrain ou au fond d’un étang, mais ceux qui demeurent actifs tout l’hiver doivent s’adapter.

La migration est une appro­che risquée. La sterne arcti­que vit au Pôle Nord, mais passe son hiver en Antarc­ti­que. Elle parcourt près de 16 000 km en automne pour se rendre dans le sud et autant au printemps pour retourner en Arctique. De nombreux oiseaux migrateurs accumulent 50 % de leur poids en graisse pour effectuer le voyage.

Pourtant, plusieurs d’entre eux vont manquer d’énergie et n’arriveront pas à destination. Pour ceux qui réussissent, la vie n’est pas facile pour autant : nouvelles maladies, nouveaux prédateurs, nouvelles sources alimentaires, nouveaux habitats en plus d’une compétition accrue due aux autres espèces pré­sentes. La bernache du Canada devra même survivre à quatre mois de chasse intensive.

Pour d’autres, la migration est un risque nécessaire. En hiver, le grand héron ne peut capturer de poissons sous la glace alors que les parulines n’ont plus d’insectes à se mettre dans le bec : ils doivent migrer.

Hiberner

L’hibernation est une autre possibilité. Les ouaouarons s’enfoncent dans la vase au fond des marais et y passent l’hiver en respirant à travers la peau de leur dos. La grenouille des bois (Rana sylvatica) survit même à la congélation de son corps. Elle produit un antigel qui empêche la formation de cristaux de glace qui feraient éclater ses cellules, engendrant ainsi sa mort. Une grenouille des bois dégèle en quatre heures, et après six heures, son cÅ“ur bat normalement!

Changer de manteau

Les mammifères encore actifs en hiver doivent s’adapter et pour cela, ils doivent changer leur manteau de fourrure. Les animaux ont deux sortes de poils : un poil court, appelé bourre, et un poil beaucoup plus long, appelé poil de garde. C’est le poil court qui protège l’animal contre le froid.

Durant l’automne, le raccourcissement des jours active les follicules pileux secondaires et augmente la densité de la bourre. Plus celle-ci est dense, plus elle retient de l’air et plus son pouvoir isolant augmente. L’orignal peut supporter –30 °C, le renard arctique –40 °C et le caribou –50 °C. En hiver, la neige qui tombe sur le dos d’un caribou ne fond pas. Dans le cas du renard arctique, non seulement il voit la neige s’accumuler sur lui, mais en s’enroulant en boule et en mettant sa grosse queue touffue sur son museau, il peut supporter une température allant jusqu’à –70 °C.

Pour plus de détails, visitez le www.museumsnature.ca

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