Un village nommé Laval

En ces temps «copenhaguiens», Laval qui chante sur tous les toits, comme d’ailleurs plusieurs villes canadiennes, de (faux) airs écologiques n’a d’yeux que pour l’auto. Lors d’une tempête de neige comme celle de mercredi dernier, la troisième ville en importance au Québec (et l’une des 10 premières agglomérations urbaines au Canada) agit comme un village du fin fond de la province. Laval ouvre d’abord la voie à l’auto.  

Le piéton, quant à lui, doit patienter des jours avant de reprendre son droit de marcher sur un trottoir déneigé. Entre-temps, il est obligé de partager, à ses risques et périls, la route avec des autos, des camions et bus, sur une chaussée glissante. Que de fois, l’année dernière, j’ai vu des enfants, des écoliers raser le flanc d’un bus qui roule à 50 km/h pour se frayer un chemin vers l’école…

À moins de se munir de raquettes, il faut oublier de marcher sur le trottoir, tellement impraticable. Et le maire, réélu pour la 22e an­née, ira encore chanter des airs sur les jeunes, la famille, la sécurité, l’environnement et tutti quanti.

Quand, en dehors des heures de pointe et durant le week-end, un Lavallois a un bus par heure et qu’en débarquant il est obligé de marcher dans une rue glissante, faute de trottoirs nettoyés, on doit s’interroger sérieusement sur les priorités de Sa Majesté le tsar Vaillancourt.

En passant, l’été, ce n’est pas mieux : savez-vous comment la Ville nettoie les trottoirs entre avril et octobre? Elle permet aux autos de stationner sans aucune restriction, après elle fait passer la balayeuse. Le pauvre chauffeur passe alors le plus clair de son temps à zigzaguer entre les autos légalement stationnées, de sorte que sur cent mètres de trottoir, il n’arrive à ennettoyer que 20 (et encore!). Le tout se passe tard le soir, souvent jusqu’à 1 h du matin.  
Bonjour l’efficacité.     
Roger Hilal

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