Une maudite belle année

Dans ma vie de tous les jours, je suis chroniqueur culturel. En clair, ça signifie qu’au moment où vous vous divertissez, moi, je gagne ma vie. Non, mais n’est-ce pas là LA job rêvée? En plus, j’ai l’extraordinaire chance d’exercer mon métier dans un endroit où les artistes sont souvent magnifiquement inspirés. L’année 2009 aura été généreuse à plusieurs égards en culture. J’aimerais partager avec vous certains de mes coups de cÅ“ur.

J’ai écouté des DISQUES exceptionnels. En commençant par Les sentiments humains de Pierre Lapointe. Le travail d’un artiste majeur. Celui-là m’impressionne sans cesse. Je salue aussi Fred Pellerin, un autre surdoué. Je connaissais bien sûr le sympathique raconteur mais sur l’album Silence, j’ai découvert un chanteur singulièrement poignant. Je désire finalement accorder des mentions spéciales aux albums Labyrinthes de Malajube, Full Circle d’Anastasia Friedman et Loveshit de Jason Bajada. Vive les oreilles!

J’ai rarement été aussi ému au CINÉMA que par le film Polytechnique de Denis Villeneuve. Une Å“uvre incontournable et nécessaire. J’ai également adoré Dédé à travers les brumes. Avec un Sébastien Ricard plein de justesse dans le rôle – ô combien risqué – du défunt Dédé Fortin. Et que dire de Xavier Dolan et de son premier long-métrage, J’ai tué ma mère. Si l’Å“uvre est imparfaite, elle est l’amorce, j’en suis convaincu, d’une brillante carrière pour ce jeune réalisateur.

J’ai aussi assisté à plusieurs SPECTACLES marquants. Au-dessus du lot, je place la pièce Fragments de mensonges inutiles présentée chez Duceppe cet automne. Un nouveau Michel Tremblay qui met le doigt direct dessus avec des performances époustouflantes offertes par Maude Guérin et Normand D’Amour. Je repense souvent à l’excellence du power-trio de Daniel Boucher au Club Soda au printemps dernier. Une confirmation : Daniel Boucher demeure encore et toujours notre showman le plus efficace. Parlant d’efficacité, je veux souligner avec deux traits bien foncés l’étonnant Vu d’même de Sylvain Larocque. Oui, il est possible de mélanger le quotidien, le social, l’absurde et le stand-up traditionnel dans un seul spectacle d’humour. Suffit d’y mettre l’effort ainsi qu’une bonne dose d’intelligence. J’entends encore mon voisin de gauche rire de bon cÅ“ur. Un moment de bonheur simple.

Oui, j’ai adoré mon année. Merci à ces artistes d’être aussi créatifs et pertinents. Et merci à vous de les aimer. Vous vous méritez bien.

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