Le CN américain

Le Canadien National fut privatisé en 1995 par le gouvernement libéral. Cela faisait suite aux autres privatisations de joyaux publics qui ont eu lieu sans débat public et sans référendum, comme cela est obligatoire dans de nombreux pays. Ailleurs, la population serait descendue dans la rue pour s’y opposer. Nos ressources naturelles appartiennent dans une vaste majorité à des étrangers. Même que Harper et Charest vendent régulièrement à des étrangers des pans économiques entiers comme les autoroutes, l’éolien, les barrages, les pharmaceutiques, les télécommunications, etc.

Lors de la privatisation du CN, en 1995, le gouvernement Chrétien n’avait imposé aucune limite au contrôle étranger, ce qui fait qu’aujourd’hui, plus de 70 % de la compagnie est détenue par des Américains. Le Canadien National n’a plus de canadien que le nom. Avec 6 % des actions, l’américain Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, est le principal actionnaire individuel du CN. Si on s’était limité à privatiser les trains, cela aurait été un moindre mal. Mais non, nos élus, avec le silence de la population, ont également cédé les voies ferrées, les ponts, d’immenses terrains, etc.

Désormais, nos trains de passagers collectifs, que l’on veut supposément encourager, doivent demander la permission au CN pour utiliser ses rails, lui payer des millions en frais d’usager et, bien évidemment, doivent obligatoirement passer après les trains de marchandise. Ça limite ainsi le nombre de trains de banlieue quotidiens, qui doivent, en plus, se taper de nombreux arrêts afin de laisser le chemin libre aux trains de marchandise. Le marché avant les services collectifs, et le transport de marchandise avant le transport des gens. En novembre 2008, le ministre fédéral conservateur des Finances, Jim Flaherty, a dit que les Canadiens seraient étonnés d’apprendre que la Tour du CN appartient au gouvernement fédéral. Les Canadiens seraient encore plus surpris de savoir que le CN est maintenant détenu à plus de 70 % par des Américains.

Comme le CN est maintenant américain, l’assemblée annuelle des actionnaires a évidemment eu lieu à Memphis et à Chicago au cours des deux dernières années. Puis, il y a le siège social de Montréal, qui n’est plus qu’une coquille vide, et le pont de Québec, un chef-d’Å“uvre historique collectif, qui appartient dorénavant aux Américains, étant la propriété du CN. Idem pour le Château Frontenac, que l’on voit partout dans la publicité touristique de la province, qui est propriété étrangère. Lors de la privatisation du CN, le gouvernement s’est approprié la Tour du CN à Toronto. Pour nous déculpabiliser un peu, faisons-nous accroire que c’est la faute aux Anglais du Canada, qui nous ont supposément contraints à vendre à l’étranger des sociétés étatiques québécoises.

Articles récents du même sujet